Économie informelle : Les syndicats africains unissent leurs expériences à Cotonou

La Bourse du Travail de Cotonou a accueilli, le mercredi 5 août 2026, un atelier d’échanges consacré à la transformation de l’économie informelle en économie formelle. Organisée par la Confédération française démocratique du travail (CFDT), avec l’appui de la CSA-Bénin, cette rencontre a réuni des responsables syndicaux de plusieurs pays autour du partage d’expériences et de bonnes pratiques en faveur de la protection des travailleurs du secteur informel.

La transition de l’économie informelle vers l’économie formelle était au centre des réflexions lors de cet atelier qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération syndicale internationale. Pendant plusieurs heures, les partenaires de la CFDT et de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation (UITA) ont confronté leurs expériences afin d’identifier les approches les plus efficaces pour accompagner les travailleurs du secteur informel vers une meilleure reconnaissance de leurs droits.Les échanges ont porté sur les stratégies de sensibilisation, l’organisation des travailleurs, le dialogue social, le renforcement des capacités des acteurs du secteur informel ainsi que le plaidoyer en faveur de politiques publiques plus inclusives. Les participants ont également mis en évidence les nombreux défis auxquels restent confrontés les travailleurs de l’économie informelle, notamment la précarité de l’emploi, l’absence de protection sociale et les difficultés d’accès aux droits fondamentaux.

Des expériences inspirantes pour une action concertée

Tour à tour, les différents responsables syndicaux ont présenté les initiatives développées dans leurs pays pour favoriser la formalisation de l’économie. Parmi les intervenants figuraient Isabelle Ouédraogo, Secrétaire générale de la CFDT Agri-Agro, Olivier Guy Ouédraogo, Secrétaire général de la Confédération syndicale burkinabè (CSB), Ouatara Mariame de la CSB du Burkina Faso, Hounkponou Andilath, Secrétaire générale du Réseau béninois des maraîchers affilié à la CSA-Bénin, ainsi que Willy Choupa, Secrétaire administratif de la CSA-Bénin. Tous ont partagé leurs expériences de terrain, les résultats enregistrés au sein de leurs organisations respectives ainsi que les difficultés qui persistent dans l’accompagnement des travailleurs du secteur informel. Prenant la parole au terme de l’atelier, Isabelle Ouédraogo a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les organisations syndicales d’Europe et d’Afrique. Selon elle, cette coopération constitue un levier essentiel pour accompagner les travailleurs de l’économie informelle grâce au partage de savoir-faire, à une meilleure organisation du travail, à la promotion de la santé et de la sécurité au travail, ainsi qu’au développement du leadership des acteurs du secteur. La Secrétaire générale de la CFDT Agri-Agro a rappelé que les travailleurs de l’économie informelle représentent la majorité de la population active dans de nombreux pays et jouent un rôle déterminant, notamment dans l’agriculture et les activités indispensables à la vie quotidienne. À ses yeux, les accompagner vers une meilleure organisation est indispensable afin qu’ils puissent défendre leurs droits, améliorer leurs conditions de travail et vivre dignement des revenus issus de leurs activités. Abordant les perspectives, Isabelle Ouédraogo a souhaité la poursuite et le renforcement des liens de coopération déjà établis entre la CFDT et les organisations syndicales du Bénin, du Burkina Faso ainsi que d’autres pays partenaires. Elle a souligné que les échanges d’expériences permettent à chaque organisation d’apprendre des réussites des autres, rappelant que « tout le monde sait, tout le monde apprend ». Au terme des travaux, les participants ont réaffirmé leur conviction que la formalisation de l’économie constitue un levier majeur pour promouvoir le travail décent, améliorer les conditions de vie des travailleurs et bâtir une économie plus inclusive. Ils ont également appelé au renforcement des partenariats entre syndicats, pouvoirs publics et partenaires techniques afin d’accélérer cette dynamique au bénéfice des millions de travailleurs évoluant encore dans le secteur informel.

VIctorin Fassinou

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