À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée ce mercredi 12 août 2026, le Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ) de l’Association béninoise pour la promotion de la famille (ABPF) a organisé, à Sakété, un déjeuner de plaidoyer consacré aux droits et à la santé des adolescents et des jeunes. Tenue dans le cadre de la 16ᵉ édition du Camp Forum national du MAJ, la rencontre a réuni jeunes, autorités, partenaires techniques et financiers et acteurs de la société civile autour d’un enjeu central : faire du numérique un outil sûr et efficace d’accès à l’information et aux droits en santé sexuelle et reproductive.

Placée sous le thème « Le numérique pour un accès plus sûr aux droits en santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes », la rencontre a accordé une place centrale à la parole des jeunes. À travers leurs témoignages, leurs expériences et leurs propositions, les membres du MAJ ont porté leurs préoccupations auprès des décideurs et des partenaires, affirmant leur volonté de participer pleinement aux décisions qui concernent leur santé, leurs droits et leur avenir.Dans son intervention, la présidente du conseil d’administration du MAJ, Lydwine Zinsou, a rappelé que les jeunes ne souhaitent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques et programmes qui les concernent. Ils entendent être des acteurs et des partenaires à part entière dans la recherche de solutions adaptées à leurs réalités. Elle a notamment mis en avant la place occupée par Internet dans la recherche d’informations sur le corps, la contraception, les infections sexuellement transmissibles ou encore les services de santé. Le numérique représente ainsi une opportunité pour améliorer l’accès des adolescents et des jeunes à l’information, à l’écoute, à l’orientation et aux services. Mais cette opportunité s’accompagne également de nombreux défis. La présidente du conseil d’administration du MAJ a notamment évoqué la désinformation, le harcèlement en ligne, les menaces, le chantage, les violences sexistes et la diffusion non consentie de contenus. Elle a plaidé pour davantage de contenus fiables, accessibles et adaptés aux jeunes, ainsi que pour une meilleure protection des données personnelles et de la confidentialité.Le MAJ entend également renforcer sa présence dans les espaces numériques, notamment à travers des initiatives comme CareX et la web radio MAJ, afin d’informer, de sensibiliser, d’orienter et de donner davantage la parole aux jeunes. Lydwine Zinsou a surtout insisté sur la nécessité de passer d’une logique où l’on parle des jeunes à une approche où les solutions sont construites avec eux.
* Le numérique au cœur des préoccupations

Cette nécessité de faire du numérique un espace à la fois utile et sécurisé a également été soulignée par le Chef de coopération de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, Rob Sijstermans. Saluant l’engagement des jeunes du MAJ, il a insisté sur le rôle désormais incontournable des outils numériques dans l’apprentissage, la recherche, l’information, l’expression et la participation à la vie de la société.Pour lui, le numérique constitue une formidable opportunité pour les jeunes, à condition que ceux-ci puissent y accéder dans un environnement sécurisé et bénéficier d’informations fiables, pertinentes et adaptées à leurs besoins. Il a ainsi défendu une approche qui consiste à construire les réponses avec les jeunes et non uniquement à partir de la perception des adultes.Le diplomate a par ailleurs réaffirmé l’engagement du Royaume des Pays-Bas aux côtés de l’ABPF et de ses partenaires dans les initiatives visant à améliorer l’accès des jeunes à l’information, aux services de santé sexuelle et reproductive et à des espaces favorisant leur autonomie et leur participation.S’adressant aux jeunes, Rob Sijstermans a rappelé qu’ils ne sont pas seulement l’avenir, mais également le présent. Il les a encouragés à utiliser les outils numériques de manière responsable, critique et créative, notamment pour rechercher des informations fiables, défendre leurs droits, faire entendre leur voix et contribuer positivement à leurs communautés. Cette vision rejoint les préoccupations exprimées par le MAJ. La rencontre de Sakété a ainsi permis de rappeler que la protection des jeunes dans l’espace numérique ne peut relever d’un seul acteur. Elle nécessite une action concertée entre les pouvoirs publics, les familles, le système éducatif, les organisations de jeunesse, les professionnels de santé et les partenaires techniques et financiers.
*-Des engagements pour mieux accompagner les jeunes

Représentant le secteur de l’éducation, le ministre de l’Enseignement secondaire, Clément Koutchadé, a pour sa part insisté sur l’importance croissante du numérique dans le système éducatif et dans la vie des adolescents et des jeunes. Il a relevé que les outils numériques sont devenus des espaces d’apprentissage, de recherche, d’information, de communication et d’expression auxquels l’école ne peut rester étrangère.Mais l’accès au numérique doit, selon lui, aller de pair avec la responsabilité et la protection. Fausses informations, contenus inappropriés, violences et harcèlement en ligne ou encore atteintes à la vie privée constituent autant de risques auxquels les jeunes peuvent être exposés. Le ministre a ainsi appelé à renforcer l’éducation au numérique et la citoyenneté numérique, afin de permettre aux adolescents et aux jeunes de développer les compétences nécessaires pour analyser les informations, faire des choix éclairés et évoluer de manière responsable dans l’environnement numérique.Clément Koutchadé a également encouragé les jeunes à dépasser le statut de simples consommateurs de contenus. Il les a invités à devenir des créateurs responsables et des ambassadeurs de la bonne information. Il les a exhortés à prendre leur place dans les débats et les décisions qui concernent leur avenir et à continuer d’interpeller les décideurs à travers des propositions concrètes.

Au nom du ministre de la Santé, le Secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Ali Imorou Bah-Chabi, a également salué l’engagement des jeunes du MAJ. Il a présenté la jeunesse mobilisée autour des questions de santé et de droits sexuels et reproductifs comme une véritable chance pour le Bénin, en raison de sa capacité à participer à la réflexion collective, à porter des propositions et à contribuer à la construction de solutions adaptées à ses réalités. Il a reconnu le rôle croissant du numérique dans l’accès des jeunes à une information fiable, adaptée et confidentielle sur leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs. Mais cette opportunité impose également, selon lui, une responsabilité collective : celle de faire du numérique un espace plus sûr, accessible et protecteur. Le représentant du ministre de la Santé a surtout annoncé l’accompagnement de son département pour le renforcement de CareX, afin que cette solution numérique demeure adaptée aux besoins des adolescents et des jeunes et contribue davantage à leur accès à une information fiable sur les DSSR. Le ministère entend également soutenir le développement de la web radio MAJ, appelée à devenir davantage un espace d’information, d’éducation, de dialogue et d’expression des jeunes. L’ambition affichée est d’élargir progressivement la portée de ces outils afin qu’ils puissent toucher davantage de jeunes dans les différentes communes du Bénin. Pour Dr Ali Imorou Bah-Chabi, ces initiatives peuvent contribuer à réduire les risques sanitaires, à promouvoir les droits et à favoriser l’émergence d’une jeunesse mieux informée, responsabilisée et capable d’influencer positivement son environnement.Au-delà de ces engagements, le représentant du ministre de la Santé a appelé les jeunes à saisir pleinement les opportunités offertes par le numérique, mais également par le cadre du Camp Forum, pour écouter, oser, partager et construire. Il les a encouragés à développer des projets innovants et à faire de leur engagement un véritable levier de développement.La rencontre a également été marquée par une séquence artistique originale. À travers sa cellule artistique et culturelle, les jeunes du MAJ ont réalisé plusieurs tableaux représentant des portraits et les logos de leurs partenaires. Confectionnées à la main après plusieurs jours de travail, ces œuvres ont servi de moyen d’expression de leur reconnaissance envers les institutions qui accompagnent leurs actions en faveur des droits et de la santé des adolescents et des jeunes.Des tableaux ont ainsi été remis à plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), Enabel et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Le Chef de coopération de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, Rob Sijstermans, a également reçu une œuvre en signe de reconnaissance pour l’appui de son institution.Un tableau consacré à l’ABPF a, pour sa part, été remis au Directeur exécutif de l’association, témoignant de la reconnaissance des jeunes pour l’accompagnement dont bénéficie le MAJ.À travers ce déjeuner de plaidoyer, les jeunes du MAJ ont ainsi voulu dépasser le simple cadre d’une célébration. Ils ont porté auprès des décideurs et des partenaires une vision d’un numérique accessible, sécurisé et véritablement utile à leur éducation, à leur santé et à l’exercice de leurs droits.Les différentes interventions ont convergé vers un même constat : le numérique est désormais incontournable dans la vie des adolescents et des jeunes. Son potentiel ne pourra toutefois être pleinement exploité que si les jeunes disposent d’informations fiables, de services adaptés, d’une protection contre les risques en ligne et d’espaces leur permettant de s’exprimer et de participer.
VIctorin Fassinou.


