À Cotonou, le Bénin et le Togo affichent leur volonté de rapprocher leurs efforts dans la protection des données personnelles. La visite de travail d’une délégation de l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel du Togo (IPDCP) auprès de l’Autorité de Protection des Données à caractère Personnel du Bénin (APDP), mardi 18 août 2026, a permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération entre les deux institutions.
La protection des données personnelles s’impose de plus en plus comme un enjeu majeur dans un environnement marqué par l’accélération du numérique. C’est dans ce contexte que le président de l’APDP, Luciano Hounkponou, a reçu à Cotonou une délégation de l’IPDCP du Togo pour des échanges consacrés notamment au partage d’expériences et au renforcement de la coopération entre les deux autorités. Au-delà d’une simple rencontre institutionnelle, les discussions ont porté sur les défis communs auxquels sont confrontés les régulateurs à l’heure où les données circulent rapidement d’un pays à l’autre. Les plateformes numériques dépassent les frontières nationales et les cybermenaces évoluent elles aussi à l’échelle transnationale. Cette réalité impose une meilleure coordination entre les autorités chargées de veiller à la protection de la vie privée.
Face aux nouveaux défis, une réponse concertée
Le président de l’APDP a rappelé que les avancées technologiques, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la biométrie, de l’Internet des objets et de l’analyse massive des données, offrent d’importantes opportunités. Mais ces innovations doivent être encadrées afin que le progrès technologique ne se fasse pas au détriment des droits fondamentaux. Pour Luciano Hounkponou, la mission des deux institutions repose sur une même exigence : garantir que l’utilisation des données respecte la dignité humaine, la vie privée et les libertés individuelles. Au Bénin, l’APDP assure notamment des missions d’information, de régulation, de contrôle, de protection et de sanction. Au Togo, l’IPDCP veille à la conformité des traitements de données avec les dispositions légales en vigueur. Malgré les différences pouvant exister entre les cadres juridiques et les méthodes de travail des deux pays, les objectifs restent largement convergents. La question des flux transfrontaliers de données a occupé une place importante dans les échanges. Les deux parties ont souligné la nécessité de renforcer le partage d’informations, de développer les compétences de leurs personnels et d’approfondir la réflexion commune sur les nouvelles technologies et les traitements de données qui dépassent les frontières nationales. Cette coopération apparaît d’autant plus importante que les économies africaines accélèrent leur transformation numérique. La multiplication des services en ligne, des plateformes numériques et des outils utilisant l’intelligence artificielle entraîne une circulation croissante des données personnelles. Pour les autorités de régulation, l’enjeu consiste donc à accompagner cette transformation tout en préservant les droits des citoyens. Le Bénin entend par ailleurs poursuivre son implication dans les réseaux africains et internationaux consacrés à la protection des données. À travers sa participation à l’AFAPDP et au RAPDP, l’APDP souhaite contribuer à l’émergence d’une approche africaine de la gouvernance des données, conciliant innovation, souveraineté numérique, développement économique et respect des droits fondamentaux. La rencontre de Cotonou devrait ainsi servir de point de départ à une collaboration plus structurée entre les deux institutions. Partage d’expériences, renforcement des capacités, échanges d’informations et réflexion sur les enjeux émergents pourraient constituer les principaux axes de ce partenariat. Pour l’APDP comme pour l’IPDCP, la protection des données ne peut plus être considérée comme la seule responsabilité des autorités de régulation. Elle implique également les administrations, les entreprises, les acteurs du numérique et, plus largement, l’ensemble des utilisateurs des technologies.
VIctorin Fassinou

