Sommet féministe des données en Afrique de l’Ouest Le RFLD, à travers le projet NAFASI, mobilise l’Afrique de l’Ouest autour des données féministes

Le Sommet féministe des données en Afrique de l’Ouest a ouvert ses portes le mardi 28 juillet 2026 à l’Hôtel Les Oliviers de Porto-Novo. Organisée dans le cadre du projet NAFASI, dont le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) est l’une des organisations de mise en œuvre, sous le thème « Décoloniser les données : construire des futurs numériques féministes en Afrique de l’Ouest », cette rencontre régionale s’est ouverte par une allocution inaugurale de l’honorable Rémy Ngoy Lumbu, Rapporteur spécial de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) sur les défenseurs des droits de l’homme et point focal sur les représailles. Pendant trois jours, près d’une centaine de participants venus de plusieurs pays de la sous-région réfléchissent aux moyens de faire des données un levier de promotion des droits des femmes et de renforcement de la gouvernance numérique.

Militantes féministes, journalistes de données, chercheurs, technologues civiques, parlementaires, défenseurs des droits humains, universitaires et représentants de partenaires techniques et financiers prennent part à ce rendez-vous régional, qui ambitionne de renforcer la production, l’utilisation et la protection des données au service de l’égalité de genre et de la défense des droits humains. Dans son allocution inaugurale, l’honorable Rémy Ngoy Lumbu a insisté sur l’importance de disposer de données fiables et documentées pour mieux protéger les défenseurs des droits humains, lutter contre les violences fondées sur le genre et orienter efficacement les politiques publiques. Il a également rappelé le rôle essentiel de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples dans la promotion des libertés fondamentales et la protection de l’espace civique sur le continent.

Des données au service du plaidoyer

Les travaux de la première journée ont permis d’examiner les politiques et les mécanismes de gouvernance des droits numériques en Afrique. Les participants ont analysé les résolutions de la CADHP, dressé un état des lieux des données disponibles sur la censure numérique, les violences fondées sur le genre, la liberté de la presse, ainsi que les représailles contre les défenseurs des droits humains.

Les échanges mettent également en évidence les insuffisances persistantes dans la collecte et la production des données en Afrique de l’Ouest, notamment dans les espaces francophones. Les participants plaident pour que les organisations féministes deviennent de véritables productrices de données de référence, capables d’influencer les politiques publiques et les réformes législatives. La deuxième journée est consacrée au renforcement des capacités à travers des ateliers sur la sécurité numérique, la protection des comptes, les communications sécurisées et la documentation des violations des droits humains.

Cap sur un agenda régional

Les travaux du sommet prendront fin ce jeudi 30 juillet 2026 avec la présentation des recommandations formulées par les groupes de travail, la ratification de l’Agenda régional féministe des données pour la période 2026-2028 et le lancement d’un collectif transfrontalier destiné à favoriser le partage sécurisé des données, la coopération entre les organisations de la société civile et le renforcement des mécanismes de protection des défenseurs des droits humains.

En réunissant une centaine de délégués issus de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, le projet NAFASI, auquel contribue le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), entend poser les fondations d’une gouvernance des données plus inclusive, plus équitable et résolument tournée vers la défense des droits humains et l’égalité de genre.

À mi-parcours, la forte mobilisation des participants, la richesse des échanges et la qualité des communications témoignent déjà du succès de cette initiative régionale. Le pari est en passe d’être gagné pour Madame Gloria Dossi Sêkonnou Agueh et Monsieur John Gbénagnon, respectivement Directrice Afrique et Directeur du Développement, de la Mobilisation des ressources et des Partenariats du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), qui jouent un rôle actif dans la mise en œuvre du projet NAFASI.

VIctorin Fassinou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *