Le Bénin a franchi, ce jeudi 30 juillet 2026 à Porto-Novo, une étape majeure de son histoire institutionnelle avec l’installation officielle de son tout premier Sénat. Cette cérémonie solennelle, organisée au siège de l’Assemblée nationale, concrétise la mise en œuvre de la révision constitutionnelle du 17 décembre 2025 et marque l’entrée du pays dans un système parlementaire bicaméral, une première depuis la Constitution du 11 décembre 1990.
Avec l’installation effective du Sénat, le Bénin ouvre un nouveau chapitre de son évolution démocratique. Cette deuxième chambre du Parlement est appelée à renforcer les mécanismes de contrôle, d’équilibre des pouvoirs et de régulation de la vie politique, dans un contexte de consolidation des réformes institutionnelles engagées ces dernières années. Présidée par Élisabeth Pognon, doyenne d’âge en second des sénateurs présents, la cérémonie s’est déroulée en deux temps. Une première phase publique a été consacrée à l’allocution officielle, à la photo de famille et aux civilités protocolaires, avant le retrait des invités. Les sénateurs ont ensuite poursuivi leurs travaux à huis clos afin de poser les premiers jalons du fonctionnement de la nouvelle institution. Dans son discours inaugural, Élisabeth Pognon a rappelé la portée historique de cette installation, soulignant que la création du Sénat répond à la volonté de renforcer les mécanismes de régulation de la vie publique et de consolider l’équilibre institutionnel du pays. Elle a indiqué que cette nouvelle chambre a pour mission d’inspirer confiance, de préserver la stabilité politique et de contribuer à la consolidation de la démocratie béninoise.
Une mission de régulation politique
La doyenne d’âge a précisé que le Sénat ne se substitue pas à la Cour constitutionnelle. Si cette dernière demeure compétente pour trancher les litiges d’ordre juridique, le Sénat est appelé, conformément à l’article 113.1 de la Constitution, à assurer la régulation de la vie politique. À ce titre, la nouvelle institution est chargée de veiller à la sauvegarde de l’unité nationale, au renforcement de l’État, à la préservation de la démocratie, de la paix et au respect de la trêve politique. Dans le cadre défini par la Constitution, elle peut également prononcer des sanctions allant jusqu’à la suspension ou au retrait des droits politiques et civiques à l’encontre de certains acteurs politiques.Le Sénat exercera par ailleurs un rôle déterminant dans le processus législatif. Son avis de non-objection sera désormais requis avant la promulgation des lois constitutionnelles, des lois électorales ainsi que des textes relatifs à l’organisation et au fonctionnement des partis politiques.Pour cette première mandature, l’institution est composée de membres de droit et de personnalités désignées. Son effectif a été fixé à 25 membres afin de satisfaire aux exigences constitutionnelles. Parmi eux figurent d’anciens hauts responsables des institutions de la République, ainsi que plusieurs personnalités ayant occupé d’importantes fonctions au sein de l’administration publique et des forces de défense et de sécurité.
VIctorin Fassinou

