Cuisson propre au Bénin : 30 artisans désormais prêts à fabriquer les sacs de rétention thermique (Le PAM accélère la transition vers une cuisson propre au Bénin)

Au terme de deux semaines de formation organisées à Parakou, Bohicon et Cotonou, 30 artisans béninois ont reçu, le lundi 3 août 2026 à Cotonou, leurs attestations de fin de formation à la fabrication des sacs de rétention thermique. Portée par le Programme alimentaire mondial (PAM) avec ses partenaires, cette initiative ambitionne de développer une production locale de cette solution de cuisson propre afin de réduire la consommation de bois et de charbon.

Pendant deux semaines, ils ont appris les techniques de fabrication des sacs de rétention thermique. Désormais certifiés, les 30 artisans formés par le PAM et ses partenaires ont pour mission de faire connaître cette innovation et d’en assurer la production locale. La cérémonie de remise des attestations s’est déroulée dans les locaux de l’ESDAM, à Agontikon, en présence des représentants du Programme alimentaire mondial (PAM), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin (CMAB) et des bénéficiaires. Pour les organisateurs, cette remise de certificats ne marque pas un aboutissement, mais le début d’une nouvelle mission.

Une solution aux multiples avantages

Le sac de rétention thermique fonctionne sur un principe simple, mais efficace. Une fois les aliments suffisamment chauffés, la marmite est retirée du feu puis placée dans le sac, qui conserve la chaleur accumulée. La cuisson se poursuit ainsi sans qu’il soit nécessaire de maintenir le foyer allumé. Cette technique permet de réduire considérablement la consommation de bois de chauffe ou de charbon, deux combustibles encore largement utilisés dans les ménages béninois. Elle contribue également à diminuer les émissions liées à leur utilisation et limite l’exposition des cuisiniers aux fumées, un facteur important pour la santé. Au-delà des économies d’énergie, le dispositif présente un autre avantage appréciable : il maintient les repas au chaud pendant plusieurs heures. Une solution qui facilite l’organisation des ménages, mais aussi le fonctionnement des cantines scolaires et des structures de restauration collective. Pour le PAM, cette innovation s’inscrit pleinement dans les efforts visant à promouvoir des solutions de cuisson propre et à rendre les cantines scolaires plus durables. L’un des principaux objectifs de cette initiative est de développer une véritable expertise locale afin que les sacs puissent être fabriqués directement au Bénin. Au terme de la formation, chaque artisan est désormais capable de confectionner les différents modèles de sacs. Les participants ont d’ailleurs réalisé eux-mêmes un petit et un grand sac au cours des séances pratiques. Les plus petits modèles leur ont été remis afin qu’ils puissent poursuivre les exercices et perfectionner leur technique. La cheffe de programme du PAM, Korogone Armelle, a invité les bénéficiaires à mettre leurs nouvelles compétences au service de leurs communautés. Selon elle, ils sont désormais appelés à devenir des relais capables de transmettre leur savoir-faire à d’autres artisans et de contribuer à la diffusion progressive de cette innovation sur l’ensemble du territoire.

Vers une production locale durable

Au-delà de ses bénéfices environnementaux, le sac de rétention thermique représente également une nouvelle perspective économique pour les artisans. Le représentant de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin, Mama Chabi Adam, a souligné que cette technologie permet aux ménages de gagner du temps dans la préparation des repas. Pendant que les aliments poursuivent leur cuisson dans le sac, les utilisateurs peuvent s’occuper d’autres activités. Pour les artisans, cette innovation ouvre ainsi la voie à une nouvelle activité génératrice de revenus grâce à la fabrication et à la commercialisation de ces équipements. Les bénéficiaires ont toutefois insisté sur un point essentiel : la disponibilité des matières premières. Au nom des participants, Dourodjayé Félicité et André Agbangla ont exprimé leur gratitude envers les formateurs tout en souhaitant un accompagnement permettant d’accéder facilement aux matériaux nécessaires afin de poursuivre la production et de former, à leur tour, d’autres artisans. Pour Elisabeth Tossou, représentante du PNUD, l’étape suivante consiste désormais à faire passer cette innovation du stade de la formation à celui de la production à grande échelle. Elle a encouragé les artisans à promouvoir le produit dans leurs ateliers, leurs communes et leurs localités afin que les populations découvrent progressivement cette solution. Son ambition est de voir, dans les prochains mois, les sacs de rétention thermique disponibles sur les marchés béninois et accessibles aussi bien aux ménages qu’aux restaurants ou aux structures de restauration collective. La formatrice, Clarisse Djomniang, a, pour sa part, rappelé que la pratique régulière sera indispensable pour consolider les compétences acquises, la formation ayant été volontairement intensive. En clôturant la cérémonie, les responsables du PAM ont lancé un message clair aux nouveaux artisans : leur véritable mission commence maintenant. À travers leur engagement, ils devront contribuer à faire du sac de rétention thermique un équipement fabriqué au Bénin, accessible au plus grand nombre et capable d’accompagner la transition vers une cuisson plus propre, plus économique et plus respectueuse de l’environnement. Au-delà de la formation, le véritable défi commence désormais. Il s’agit de transformer les compétences acquises en une production locale durable. Pour le PAM et ses partenaires, le succès de cette initiative se mesurera à la capacité des artisans à faire des sacs de rétention thermique un produit accessible aux ménages, aux cantines scolaires et aux autres structures de restauration à travers le Bénin.

Victorin Fassinou

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