ICASA+ 2027 : Le Bénin s’apprête à écrire une nouvelle page de la santé africaine Cotonou se prépare à accueillir plus de 10 000 acteurs de la santé

Le Bénin a franchi, mardi 25 août 2026, une nouvelle étape dans l’organisation de la 24e Conférence internationale sur le Sida et les Infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA+ 2027). La signature du protocole d’accord entre le Gouvernement béninois et la Société Africaine Anti-Sida (SAA), à la Salle du Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères, donne désormais le coup d’envoi aux préparatifs concrets de ce grand rendez-vous prévu à Cotonou du 5 au 9 décembre 2027.

Plus de 10 000 participants sont attendus dans la capitale économique béninoise. Décideurs, chercheurs, professionnels de santé, acteurs communautaires, représentants de la société civile et partenaires techniques et financiers sont annoncés pour cette rencontre qui entend placer les enjeux sanitaires africains au cœur des échanges. Le choix du Bénin avait été annoncé le 27 juillet dernier à Rio de Janeiro, en marge de la 26e Conférence internationale sur le sida. Après plusieurs mois consacrés à la préparation de sa candidature, le pays passe désormais à la phase opérationnelle. Le ministère de la Santé sera chargé de l’organisation locale, avec l’appui de l’ensemble du Gouvernement, tandis que la SAA accompagnera le processus aux côtés des autorités béninoises. Pour Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, l’organisation d’un tel événement ne peut être portée par le seul secteur de la santé. Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation de l’ensemble de l’appareil gouvernemental, mais aussi des partenaires nationaux et internationaux. La question des ressources sera donc au cœur des prochains mois. Le ministre a assuré que le Gouvernement veillera à rechercher les partenariats et les synergies nécessaires, avec une attention particulière portée à la rigueur dans la gestion des engagements pris. Au-delà de la santé, Hugues Oscar Lokossou voit dans ICASA+ 2027 une occasion de renforcer les relations du Bénin avec ses partenaires africains et internationaux. La conférence devrait aussi contribuer à donner davantage de visibilité au pays et à mettre en valeur ses atouts économiques, culturels et touristiques.Pour accueillir les participants dans de bonnes conditions, plusieurs dispositions sont prévues. Un chapiteau de 7 000 places doit notamment être installé à la Place de l’Amazone. Sept salles annexes sont également prévues au Golden Tulip, au Novotel et au Palais des Congrès. Cent bus devraient assurer les navettes entre l’aéroport, les hôtels et les différents sites. Le dispositif prévoit aussi la prise en charge de 500 délégués béninois.

ICASA change de dimension

C’est l’une des principales annonces de la cérémonie. Avec l’édition de Cotonou, la Société Africaine Anti-Sida inaugure une nouvelle formule baptisée « ICASA+ ». Le président de la SAA et président d’ICASA 2027, Dr Richard Nchabi Kamwi, a expliqué que cette évolution répond à la diversité des problèmes de santé auxquels l’Afrique est confrontée. Le VIH reste au centre de la conférence, mais il ne sera plus abordé isolément. Le paludisme, la tuberculose et les épidémies émergentes feront également partie des grandes questions à examiner. Pour le responsable de la SAA, l’Afrique doit désormais privilégier une approche plus globale de la santé et renforcer ses systèmes sanitaires. Il a également appelé à accélérer les efforts pour parvenir à mettre fin au VIH comme menace de santé publique d’ici 2030.Le Bénin aura par ailleurs l’occasion de mettre en avant un autre pan de son patrimoine : les savoirs traditionnels en matière de santé. Dr Richard Nchabi Kamwi souhaite que la médecine traditionnelle africaine occupe une place particulière dans les échanges de Cotonou.L’enjeu, selon lui, n’est pas simplement de préserver ces connaissances, mais de les encadrer, de les documenter, de les soumettre à l’évaluation scientifique et, lorsque leur efficacité est établie, d’envisager leur intégration dans les systèmes de santé. Une démarche qu’il inscrit dans la recherche d’une plus grande souveraineté sanitaire du continent.

Cotonou au centre des enjeux sanitaires africains

Pour le Professeur Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé et vice-président d’ICASA 2027, la signature du protocole d’accord marque le passage de la candidature à l’action. Le Bénin doit désormais mobiliser ses compétences et ses différents secteurs pour préparer une conférence à la hauteur de la confiance placée en lui. Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de travailler dans la méthode, l’anticipation et la rigueur, tout en maintenant un dialogue étroit avec la SAA et les différents partenaires. Il a également salué les administrations, universités, structures de recherche, organisations de la société civile, acteurs communautaires et partenaires ayant contribué à la candidature du Bénin.Le pays entend s’appuyer sur ses acquis dans la lutte contre le VIH. Les données présentées dans le dossier de presse font état, pour 2025, de 89 % de personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut, 99 % des personnes diagnostiquées sous traitement et 92 % des personnes traitées en suppression virale. À un peu plus d’un an de l’ouverture d’ICASA+ 2027, le compte à rebours est donc lancé. Pour le Bénin et la Société Africaine Anti-Sida, le rendez-vous de Cotonou devra permettre de faire dialoguer la science, l’expérience des communautés, les innovations et les savoirs africains autour d’un même objectif : apporter des réponses plus adaptées aux défis sanitaires du continent.

VIctorin Fassinou

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