La Confédération des Syndicats Autonomes du Bénin (CSA-Bénin), en partenariat avec la Confédération syndicale internationale (CSI) Afrique, a organisé, ce jeudi 6 août 2026 à Cotonou, une conférence des organisations syndicales africaines sur le thème « Renforcer le rôle des syndicats pour la paix et la sécurité ». Tenue au Novotel, cette rencontre a réuni des responsables syndicaux de plusieurs pays africains et des partenaires internationaux autour du rôle que doivent jouer les syndicats dans la prévention des conflits, la promotion de la justice sociale et le renforcement de la démocratie.
Dans un contexte marqué par la multiplication des crises sécuritaires sur le continent, les organisations syndicales souhaitent dépasser leur rôle traditionnel de défense des intérêts professionnels pour devenir des acteurs à part entière de la construction de la paix. Les échanges ont permis d’examiner les conséquences des conflits sur le monde du travail ainsi que les stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la stabilité sociale. Ouvrant les travaux, le Secrétaire général de la CSA-Bénin, Anselme Amoussou, a appelé les syndicats africains à élargir leur champ d’action afin de contribuer davantage à la consolidation de la paix, de la sécurité et de la justice sociale. Pour lui, l’action syndicale ne doit plus être limitée aux revendications salariales et aux conditions de travail, car les crises affectent directement les travailleurs à travers les pertes d’emplois, la précarité, les déplacements de populations et la fragilisation des communautés. Il a insisté sur le rôle des organisations syndicales dans la prévention des conflits grâce à leur proximité avec les travailleurs, leur culture du dialogue et leur capacité de médiation. Il a invité les participants à réfléchir autour de trois priorités : la lutte contre les inégalités et le chômage des jeunes par la justice sociale, la promotion d’un dialogue social inclusif et le renforcement de la solidarité syndicale africaine et internationale.
Le dialogue social au cœur des solutions
Dans son intervention, le Secrétaire général adjoint de la CSI Afrique, Eric Manzi, a souligné que la paix, la sécurité et la démocratie sont étroitement liées à la défense des droits des travailleurs. Il a relevé que les crises sécuritaires détruisent les outils de production, perturbent les activités économiques et aggravent les conditions de vie des populations laborieuses.Selon lui, les syndicats doivent utiliser davantage les mécanismes de dialogue social et les instruments internationaux, notamment la Recommandation n°205 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), pour promouvoir l’emploi décent, la paix et la résilience. Il a également appelé les organisations syndicales à investir les espaces de concertation nationaux afin d’y porter les préoccupations liées à la gouvernance, à la stabilité et à la sécurité. S’appuyant sur l’Indice mondial des droits publié par la CSI, Eric Manzi a évoqué une situation préoccupante concernant les libertés syndicales en Afrique, marquée par des violations du droit de grève, de la négociation collective, de la liberté d’association et de la liberté d’expression. Pour lui, le respect des droits syndicaux demeure un indicateur essentiel de la vitalité démocratique des États. Les travaux ont également permis aux représentants syndicaux du Bénin, du Burkina Faso, du Niger, du Rwanda et de la République démocratique du Congo de partager leurs expériences face aux défis sécuritaires. Les participants ont relevé que les crises provoquent des pertes d’emplois, des déplacements de populations et un affaiblissement du dialogue social.Les partenaires internationaux, notamment la CSI, la FGTB, la CSC et la CFDT, ont réaffirmé leur engagement aux côtés des organisations syndicales africaines pour promouvoir la paix et la sécurité. Au terme des échanges, une feuille de route a été validée afin de renforcer l’action syndicale en matière de prévention des conflits, de justice sociale et de dialogue social. Les organisateurs ambitionnent de faire de cette dynamique un cadre permanent de coopération pour permettre aux syndicats africains de contribuer davantage à la stabilité, au développement durable et à la construction d’une paix durable sur le continent.
VIctorin Fassinou

