Transport par tricycles au Bénin
Le COSYCOTAB plaide pour une meilleure organisation
Le Collectif des syndicats de conducteurs de tricycles et assimilés du Bénin (COSYCOTAB) entend renforcer la cohésion entre les acteurs pour mieux défendre leurs intérêts. Tenue le 10 octobre 2026 à la Bourse du travail, son assemblée générale a bénéficié du soutien de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin). Les échanges ont notamment porté sur les difficultés économiques et réglementaires du secteur, ainsi que sur les perspectives d’une meilleure organisation du transport de passagers par tricycles.

Le développement du transport de passagers par tricycles passe par une meilleure organisation des acteurs. C’est le message central de l’assemblée générale du COSYCOTAB, tenue le samedi 10 octobre 2026 à la Bourse du travail autour du thème « Mieux s’organiser pour le développement du secteur du transport de passagers par tricycles ». À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, Désiré Agboton, a souhaité la bienvenue aux participants et exprimé sa gratitude pour leur mobilisation. Prenant la parole, le président national du COSYCOTAB, Euloge Nicoué, a remercié les participants avant de rendre hommage aux conducteurs et transporteurs décédés. Il a ensuite exposé les difficultés auxquelles les professionnels sont confrontés au quotidien. Parmi les préoccupations soulevées figurent les charges fiscales, notamment les droits d’assise, et le montant de la taxe sur les véhicules à moteur (TVM). Selon lui, ces dépenses pèsent sur les revenus déjà limités des conducteurs. Il a également dénoncé les difficultés liées aux permis de conduire, certains professionnels étant sanctionnés pour non-conformité de leur permis alors que certaines catégories étaient auparavant acceptées dans la pratique. La hausse du prix du carburant constitue une autre contrainte majeure, réduisant les marges des conducteurs sans évolution proportionnelle des tarifs de transport. Face à cette situation, Euloge Nicoué a invité les autorités à mieux prendre en compte les réalités du secteur afin de rechercher des solutions adaptées. Il a également salué l’accompagnement des partenaires du collectif, notamment Réseau Pub et Tourémotos.
L’unité et la professionnalisation au cœur des attentes
Représentant d’Octavic-Bénin, Abraham Agboakounou a insisté sur la nécessité de préserver l’unité entre les organisations syndicales et les professionnels. Rappelant les liens qui unissent Octavic-Bénin au COSYCOTAB depuis plus d’une décennie, il a souligné la contribution du transport par tricycles à la mobilité quotidienne des populations, notamment des commerçantes, des élèves et d’autres usagers.Évoquant les divisions qui ont parfois marqué le milieu syndical, il a salué les efforts de rapprochement et exhorté les membres à rester solidaires de leurs responsables. Pour lui, les dissensions internes risquent de compromettre les avancées attendues dans le secteur.Abraham Agboakounou a également plaidé pour la formalisation et la professionnalisation de cette activité. Il a évoqué les démarches engagées auprès de l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT), dont les travaux seraient en cours depuis environ deux ans. Tout en appelant les conducteurs au respect des textes en vigueur, il a invité les autorités compétentes à poursuivre les efforts pour améliorer leurs conditions de travail. Le représentant d’Octavic-Bénin a par ailleurs attiré l’attention sur les difficultés financières des conducteurs, dont les revenus ne permettent pas toujours de répondre aux besoins essentiels de leurs familles, notamment la scolarisation des enfants et les dépenses quotidiennes. Il a ainsi plaidé pour des conditions d’exercice permettant aux professionnels de vivre dignement de leur métier. Il a enfin salué l’accompagnement du Centre national de sécurité routière, de l’ANaTT et du ministère de tutelle, tout en encourageant la poursuite du dialogue entre les acteurs et les pouvoirs publics. Au terme des échanges, un constat s’impose : l’avenir du transport de passagers par tricycles dépend d’une meilleure cohésion entre les professionnels, d’une prise en compte de leurs difficultés économiques et d’une clarification des règles encadrant leur activité.
Victorin Fassinou


