L’Hôtel du Lac de Cotonou a accueilli, les 22 et 23 juillet 2026, une réunion nationale de coordination multi-acteurs consacrée aux droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR). Organisée par l’Association béninoise pour la promotion de la famille (ABPF), avec l’appui du Centre ODAS et d’OASIS, cette rencontre a rassemblé les principaux acteurs du secteur afin de consolider les acquis de la loi n° 2021-12, d’anticiper les nouveaux défis et de définir des stratégies communes pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle au Bénin.

Pendant deux jours, des représentants du ministère de la Santé, de l’Institut national de la femme (INF), des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des associations de jeunes, des réseaux féministes ainsi que des professionnels de santé ont échangé sur les défis qui freinent encore l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive. L’objectif général de la rencontre était de soutenir les actions du gouvernement béninois en faveur des droits en santé sexuelle et reproductive. Plus spécifiquement, les organisateurs entendaient renforcer la mobilisation des acteurs autour des DSSR, analyser les effets du nouvel environnement de la coopération internationale sur les services essentiels et identifier des réponses concertées pour améliorer l’accès à la contraception, aux soins complets d’avortement sécurisé, aux soins après avortement et à la prise en charge des violences basées sur le genre.
Des échanges techniques suivis d’actions concrètes
À l’ouverture, les représentants du Centre ODAS et d’OASIS ont rappelé que cette rencontre s’inscrivait dans la continuité du cadre d’échanges lancé en 2025. Les participants ont été invités à consolider les acquis, à partager leurs expériences et à agir ensemble afin de construire des solutions durables pour la santé des filles et des femmes. Les travaux se sont déroulés suivant une approche participative. La première journée a été consacrée aux communications techniques portant notamment sur les implications du Global Gag Rule et des accords Government-to-Government (G2G), les stratégies nationales de réduction de la mortalité maternelle, le cadre juridique de l’avortement sécurisé au Bénin, la lutte contre les violences basées sur le genre ainsi que les défis liés à la mise en œuvre de la loi n° 2021-12. Les partenaires techniques, dont IPAS et EngenderHealth, ont partagé leurs expériences de terrain, tandis que les échanges ont permis d’aborder les résultats d’études sur le parcours des utilisatrices des services, la disponibilité des intrants médicaux, la formation des prestataires et la question de l’objection de conscience. La seconde journée a été consacrée aux travaux de groupe. Les participants ont identifié les principaux goulots d’étranglement liés à l’accès aux services d’avortement sécurisé et aux soins après avortement avant d’élaborer une feuille de route nationale assortie d’un plan d’action et d’un mécanisme de suivi.

Un engagement renouvelé des acteurs
Au nom du ministère de la Santé, Thierry Lawalé a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner les initiatives visant à renforcer les droits en santé sexuelle et reproductive. Il a souligné que les réflexions menées durant l’atelier, préparées en collaboration avec le Centre ODAS et OASIS, contribueraient à améliorer la coordination des interventions et à consolider les stratégies nationales de réduction de la mortalité maternelle. Il a appelé l’ensemble des partenaires à unir davantage leurs efforts pour garantir des actions concertées au profit des populations. Les travaux ont pris fin par la validation de recommandations, d’une feuille de route et d’un mécanisme de suivi destinés à renforcer la mise en œuvre de la loi n° 2021-12. Les participants ont également convenu de produire un rapport général, une cartographie des principaux acteurs des DSSR ainsi qu’un profil national sur la réduction des décès maternels évitables. À travers cette concertation nationale, l’ABPF, le Centre ODAS et OASIS ont renouvelé, avec l’ensemble de leurs partenaires, leur volonté d’accompagner les politiques publiques en faveur de la santé des femmes et des jeunes filles. Les recommandations issues de la rencontre devraient permettre de renforcer la coordination des interventions et d’accélérer durablement la réduction de la mortalité maternelle au Bénin.
Victorin FASSINOU


