1ère conférence sur les données probantes pour l’action en santé : Le projet KNOSA-Bénin veut rapprocher recherche et décision

Plus de 70 acteurs de la santé, chercheurs, décideurs et partenaires se sont retrouvés les jeudi 10 et vendredi 11 septembre 2026 à l’Institut régional de santé publique Comlan Alfred Quenum (IRSP-CAQ) de Ouidah pour réfléchir à l’utilisation des données probantes dans l’action en santé.

« Transformer les connaissances en décisions pour améliorer la santé des populations ». C’est autour de ce thème que s’est tenue la première Conférence KNOSA-Bénin, organisée les 10 et 11 septembre 2026 à l’IRSP-CAQ de Ouidah. Plus de 70 participants, issus notamment du monde de la recherche, des programmes et institutions de santé du Bénin et de la région, ont pris part aux travaux. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Directeur de la formation et de la recherche en santé, le Professeur Géraud Padonou, représentant le ministre de la Santé. Il avait à ses côtés le Conseiller technique chargé des formations en sciences de la santé et de l’innovation du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Dr Michel Michaël Agounkpé, ainsi que la Directrice de l’IRSP-CAQ de Ouidah, Professeure Yolaine Glèlè-Ahanhanzo. Au cours des deux jours de travaux, plusieurs communications ont permis aux participants d’échanger sur des thématiques liées à l’utilisation des connaissances scientifiques dans la prise de décision, l’écosystème des preuves au Bénin, la gouvernance et les politiques de santé, ainsi que les prestations et services de soins figuraient parmi les sujets abordés. Les échanges ont également porté sur les moyens de rendre durable l’utilisation des données probantes. Une table ronde réunissant des décideurs et des partenaires a par ailleurs permis de partager des expériences concrètes d’utilisation réussie des données probantes dans l’action en santé.
Dans son mot de bienvenue, le président du comité d’organisation, Dr Marius Kêdoté, a expliqué que l’objectif de la conférence est de permettre aux acteurs du système de santé, de différents secteurs et niveaux, de dialoguer et de partager leurs expériences dans un esprit d’ouverture. Pour lui, l’utilisation des données probantes « n’est pas une affaire d’élite », mais concerne chaque acteur de la santé publique, à tous les échelons. Il a également remercié l’IRSP-CAQ, l’OMS, le ministère de la Santé, l’équipe du projet KNOSA-Bénin ainsi que l’ensemble du comité scientifique pour leur soutien à l’organisation de cette première édition.

La recherche au service de la décision en santé

La Directrice de l’IRSP-CAQ, Professeure Yolaine Glèlè-Ahanhanzo, a rappelé la vocation de l’Institut, créé en 1977 grâce à un partenariat entre le Gouvernement du Bénin et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’IRSP-CAQ a notamment pour mission de former un personnel compétent en santé publique pour le développement sanitaire du Bénin et de la région. L’Institut constitue également un espace de rencontres, d’échanges et de dialogue entre le monde de la recherche et celui de la décision. À ses yeux, la conférence KNOSA-Bénin s’inscrit pleinement dans cette mission. Elle est, selon elle, le fruit d’un travail de co-construction entre chercheurs, décideurs, praticiens et partenaires autour d’un objectif commun : faire des données probantes un levier pour l’action en santé. La Directrice de l’IRSP-CAQ a salué l’engagement d’ENABEL, l’un des partenaires de l’Institut, qui a participé aux travaux avec une importante délégation. Elle a également félicité l’équipe du projet KNOSA-Bénin pour le travail réalisé en quelques mois, notamment la mobilisation de plus d’une centaine d’acteurs du système de santé, la formation de dizaines de professionnels et la création d’une dynamique qui dépasse le seul cadre de l’Institut.
Prenant la parole au nom de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (ARS), Dr Arnette Fiogbé Falola a souligné l’importance des données fiables dans la régulation du secteur. Selon elle, l’ARS en a besoin pour orienter les politiques, évaluer les performances et contribuer à garantir la qualité des soins. « Le réseau KNOSA-Bénin nous offre un espace privilégié pour accéder à ces données, mais aussi pour contribuer à leur production en posant les bonnes questions, celles que se posent les décideurs et les régulateurs », a-t-elle déclaré. Elle a réaffirmé l’engagement de l’ARS à renforcer l’utilisation des données probantes dans la régulation du secteur de la santé. Pour sa part, le Conseiller technique chargé des formations en sciences de la santé et de l’innovation du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Michel Michaël Agounkpé, a relevé que les données probantes constituent un outil essentiel pour mieux comprendre, mieux décider et mieux agir. Il a assuré que son Ministère continuera d’investir dans la formation et la recherche afin de contribuer à relever les défis sanitaires du pays.
Ouvrant officiellement les travaux, le représentant du ministre de la Santé, Professeur Géraud Padonou, a indiqué que l’utilisation des données probantes dans la prise de décision constitue un levier stratégique pour renforcer l’efficacité du système de santé, optimiser l’utilisation des ressources et améliorer l’état de santé des populations. Il a salué l’initiative KNOSA-Bénin qui, à travers le renforcement des capacités des acteurs nationaux, contribue à la consolidation d’un système de santé plus performant. Il a également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les chercheurs, qui produisent les connaissances, et les décideurs, qui les utilisent pour orienter l’action publique. Selon le Professeur Padonou, cette conférence, organisée par le projet KNOSA-Bénin et financée par l’Alliance pour la recherche sur les politiques et les systèmes de santé de l’OMS, illustre cette volonté de rapprocher recherche et décision. « Je souhaite à cette conférence un plein succès et j’invite l’ensemble des acteurs à s’engager en faveur d’une politique de santé fondée sur les meilleures connaissances disponibles », a-t-il conclu.
J.F

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