Violences basées sur le genre : New World recense 20 cas de filles et de femmes à Agonlin

L’ONG New World, très engagée dans l’accompagnement des survivants et survivantes de violences basées sur le genre (VBG) au Bénin, particulièrement dans la région d’Agonlin, a mené, le samedi 29 août, une activité à son siège à Agonlin. Il s’agissait du recensement de 20 cas de VBG impliquant de jeunes filles et des femmes, qui seront étudiés puis pris en charge.

Christelle DJOMAMOU
(Coll.)

« Nous avons tenu une séance avec 20 cas de VBG impliquant des filles et des femmes venues de Ouinhi, Zagnanado et Covè », a expliqué Roméo Ogouvidé, responsable des programmes et partenariats de l’ONG New World. Selon lui, cette activité visait à répondre à un besoin urgent de vingt jeunes filles et femmes victimes de violences basées sur le genre. Il s’agissait d’une séance d’écoute des survivantes et de mise en contact avec des psychologues. « Cela nous a permis de comprendre réellement leur situation et de déterminer l’appui que nous pouvons leur apporter dans l’immédiat, qu’il soit juridique, financier ou encore lié à la réinsertion professionnelle pour certaines », a-t-il ajouté. Les objectifs de cette première étape ont été atteints, sans que le travail soit pour autant achevé. « S’agissant de l’accompagnement des 20 survivantes, l’objectif de cette activité était de vérifier, individuellement, la situation de chacune : santé, sécurité et statut judiciaire, afin de prioriser nos interventions. C’est chose faite : les 20 dossiers ont été actualisés, nous avons confirmé les trois cas les plus critiques et identifié dix dossiers nécessitant un accompagnement judiciaire immédiat. C’est exactement ce dont nous avions besoin pour passer à l’étape suivante », a précisé Roméo Ogouvidé. Sur le volet de la relocalisation et de la réinsertion économique, les trois bénéficiaires concernées ont été reçues individuellement. Un profil de risque ainsi qu’un profil de compétences ont été établis pour chacune d’elles. Plusieurs pistes d’activités économiques se dessinent déjà, notamment dans la transformation agroalimentaire, le petit commerce et la couture. À long terme, « notre ambition dépasse ces 20 cas. Nous voulons consolider un dispositif communautaire pérenne de prise en charge des VBG à Covè et à Zagnanado. Renforcer le réseau de relais et de para-conseillères, plaider pour la présence d’un second psychologue permanent dans la zone, et non seulement en appui ponctuel, ainsi qu’approfondir notre collaboration avec le Guichet unique de protection sociale, les structures de santé et les acteurs juridiques afin que le circuit de référencement soit plus rapide et mieux coordonné », a confié Roméo Ogouvidé.

Satisfecit chez les survivantes

Brigitte Tchaca, l’une des survivantes de VBG présentes à cette séance, a affirmé avoir été bien accueillie. « Tout s’est bien passé ; nous nous sommes exprimées en toute confiance et en toute sécurité. J’ai également bénéficié d’un soutien financier à la fin », a-t-elle déclaré. Léonce Dossa, une autre jeune fille survivante de VBG, a exprimé les mêmes sentiments de satisfaction. « Vraiment, à la suite de cette séance, je me sens soulagée », a-t-elle confié.

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