Gratuité de l’enseignement secondaire
Le gouvernement justifie son choix en faveur des filles
Le gouvernement béninois a apporté, ce vendredi 5 juin 2026, des précisions sur la décision de rendre gratuit l’enseignement secondaire pour les filles sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure sociale, annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 3 juin dernier, vise avant tout à corriger des inégalités encore observées dans de nombreuses familles en matière d’accès à l’éducation.
Face aux interrogations suscitées par cette réforme, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a expliqué lors d’une conférence de presse que l’objectif n’est pas de privilégier une catégorie d’élèves au détriment d’une autre, mais de répondre à une réalité sociale persistante. Selon lui, lorsque les ressources financières des ménages sont insuffisantes pour assurer la scolarisation de tous les enfants, le choix se porte souvent sur les garçons, même lorsque les filles affichent de meilleurs résultats scolaires. « En général dans les familles, quand ils évoquent les questions de moyens et qu’ils doivent faire un choix, même si la fille est plus intelligente de la maison, on donnerait priorité aux garçons qu’on va envoyer à l’école. Nous essayons de corriger », a-t-il déclaré. Pour l’exécutif, cette mesure constitue ainsi un levier important pour renforcer l’égalité des chances et favoriser le maintien des jeunes filles dans le système éducatif. En supprimant les frais de scolarité au secondaire, le gouvernement entend réduire les abandons scolaires liés aux difficultés économiques et permettre à davantage de filles de poursuivre leur parcours jusqu’à son terme. Wilfried Léandre Houngbédji a toutefois tenu à rassurer les familles et les élèves de sexe masculin. Il a insisté sur le fait que les garçons demeurent également au cœur des préoccupations de l’État. « Les garçons sont aussi les enfants du Bénin. La porte n’est pas fermée », a-t-il affirmé. Le porte-parole du gouvernement a indiqué que l’extension de cette mesure aux garçons reste envisageable, mais qu’elle dépendra des capacités financières de l’État. Il a rappelé que plusieurs programmes sociaux, notamment celui des cantines scolaires, ont connu une mise en œuvre progressive au fil de la mobilisation des ressources publiques. « Si demain les ressources de l’État le permettent, la mesure pourra être étendue aux garçons. Ils sont eux aussi les enfants du Bénin », a-t-il souligné, estimant qu’aucun gouvernement ne refuserait de généraliser une réforme aussi importante dès lors que les moyens nécessaires seraient réunis. Prévue pour entrer en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire, la gratuité de l’enseignement secondaire pour les filles s’appliquera dans toutes les communes du pays. À travers cette décision, le gouvernement entend renforcer l’accès à l’éducation, promouvoir l’autonomisation des jeunes filles et contribuer à la réduction des inégalités sociales qui freinent encore leur parcours scolaire. Cette réforme marque une nouvelle étape dans la politique éducative du Bénin, avec l’ambition de garantir à chaque enfant, et particulièrement aux filles souvent les plus vulnérables face aux contraintes économiques, de meilleures perspectives d’avenir par l’éducation.
VIctorin FASSINOU

