Sermon du vendredi à Médine II Agori Plateau : El Hadj Moutawakil appelle les musulmans à renouer avec la lecture et le savoir

À travers un sermon profondément éducatif et spirituel prononcé ce vendredi 08 mai 2026 à la mosquée centrale Médine II Agori Plateau d’Abomey-Calavi, le président de l’Union des imams de l’Atlantique et guide spirituel, El Hadj Moutawakil Boukari Malik, a exhorté les fidèles musulmans à redécouvrir l’importance de la lecture, du savoir et de l’héritage intellectuel du monde musulman.

 

Dans un contexte international marqué par des amalgames autour de l’islam et du terme « djihad », le guide spirituel a dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la religion musulmane par certains acteurs politiques et médiatiques. Selon lui, « l’ennemi utilise maladroitement le mot djihad pour semer la terreur dans le monde », regrettant que l’islam soit souvent associé à la violence alors qu’il est, dit-il, une religion de science, de paix et de connaissance. Faisant allusion aux discours hostiles de certaines personnalités internationales, notamment Donald Trump, l’imam estime que ces attaques répétées contre l’islam traduisent en réalité « la force et la vérité de cette religion révélée ». Développant le thème central de son sermon intitulé « L’importance de la lecture », Son Éminence El Hadj Moutawakil a rappelé que le tout premier ordre révélé au prophète Muhammad fut : « Lis ! ». Pour lui, ce commandement démontre clairement la place centrale du savoir dans l’islam.

Dans une adresse marquée par de nombreuses interrogations destinées à éveiller les consciences, il a déploré le recul de la culture de la lecture au sein de la communauté musulmane. « Comment une communauté à qui Allah a ordonné de lire a-t-elle laissé son histoire être écrite par d’autres ? », s’est-il interrogé devant les fidèles. L’imam a surtout insisté sur la nécessité pour les musulmans de connaître leur propre histoire afin de retrouver dignité, confiance et inspiration.

 

Al-Andalus, symbole d’un âge d’or intellectuel

 

Au cours de son intervention, le guide spirituel a longuement évoqué l’héritage scientifique et intellectuel du monde musulman, notamment à travers la civilisation d’Al-Andalus, l’Espagne musulmane qui s’étendit de 711 à 1492.

Selon lui, cette période demeure l’un des plus grands centres de savoir de l’histoire humaine. Il a affirmé que l’Europe médiévale venait alors apprendre auprès des savants musulmans dans des domaines variés comme les mathématiques, la médecine, l’astronomie, la philosophie ou encore la cartographie.

Citant plusieurs figures emblématiques du savoir musulman, notamment Ibn al-Haytham, Al-Khwarizmi, Avicenne, Al-Idrissi ou encore Averroès, il a soutenu que plusieurs avancées modernes trouvent leurs racines dans les découvertes du monde arabo-musulman.

À l’en croire, l’Europe n’a pas construit seule sa Renaissance. « Elle a appris, hérité et traduit », a-t-il déclaré, estimant que l’histoire enseignée aujourd’hui omet souvent la contribution majeure des savants musulmans au développement de la civilisation moderne.

Au-delà du rappel historique, le sermon s’est voulu un message d’espoir et de responsabilité à l’endroit de la jeunesse musulmane. Le guide spirituel a invité les fidèles à renouer avec les livres, l’éducation et la quête du savoir, qu’il considère comme des armes essentielles contre l’ignorance et les manipulations. Pour El Hadj Moutawakil, la lecture demeure un outil de libération intellectuelle et spirituelle capable de redonner à la communauté musulmane sa place dans le concert des nations. La prière de Djouma de ce vendredi à la mosquée centrale Médine II Agori Plateau aura ainsi été marquée par un vibrant plaidoyer en faveur de la connaissance, de la mémoire historique et du dialogue des civilisations.

 

VIctorin FASSINOU

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