CISFA 2026 : Chercheurs et experts mobilisés à Cotonou pour réduire les inégalités en santé féminine

Chercheurs, professionnels de santé, décideurs publics et partenaires techniques et financiers prennent part, depuis le mercredi 8 juillet 2026, aux travaux du premier Congrès International sur la Santé des Femmes Africaines (CISFA). Au Palais des Congrès de Cotonou, trois jours durant, les participants réfléchiront aux moyens de réduire les inégalités dans la recherche et les soins dédiés aux femmes africaines.

Placée sous le thème « Les enjeux d’équité dans la recherche sur la santé des femmes », cette première édition du CISFA offre un cadre d’échanges autour des problématiques majeures liées à la santé féminine, notamment la santé sexuelle et reproductive, les cancers féminins, les maladies non transmissibles, la santé mentale, les violences basées sur le genre, la maternité et les effets du changement climatique.Au total, 289 participants venus de 17 pays prennent part à cette rencontre scientifique autour d’un programme comprenant 22 sessions scientifiques, 14 conférences plénières, 6 ateliers pré-congrès, 108 communications orales et 26 posters scientifiques. Les travaux doivent aboutir à des recommandations susceptibles d’orienter les politiques publiques et de contribuer à une meilleure prise en charge des femmes sur le continent africain.

 

La recherche au service de politiques sanitaires adaptées

À l’ouverture des travaux, Mme Clémence Schantz, présidente du comité d’organisation, a rappelé que le CISFA est né d’une journée d’études interdisciplinaires franco-béninoises organisée seize mois plus tôt au CNHU-HKM. Face à l’intérêt suscité par cette initiative, les organisateurs ont choisi d’élargir la réflexion à une dimension internationale. Elle a salué la mobilisation des participants ainsi que le travail du comité scientifique, qui a examiné près de 400 propositions de communications.


Prenant la parole, Mme Nadège Chouat, ambassadrice de France près le Bénin, a salué la tenue de ce congrès qu’elle considère comme une opportunité majeure pour rendre plus visible la recherche sur la santé des femmes africaines. Elle a relevé deux défis essentiels : le manque d’investissements dans la recherche sur la santé des femmes et la faible valorisation des travaux scientifiques produits en Afrique. Selon elle, cette situation contribue à des diagnostics moins précis, à des traitements parfois inadaptés et au maintien des inégalités sanitaires. La diplomate française a également réaffirmé l’engagement de la France en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, tout en mettant en avant la coopération scientifique entre les institutions béninoises et françaises, notamment avec l’Université Paris Cité et l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Pour Mme Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’INF, la santé des femmes constitue un enjeu qui dépasse le seul domaine médical. Elle représente, selon elle, une question de justice, de développement et de progrès social. Elle a appelé à renforcer la production des connaissances scientifiques, à encourager l’innovation et à garantir aux femmes des soins accessibles, sûrs et adaptés à leurs réalités.

Le Pr Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, a officiellement ouvert les travaux en mettant l’accent sur les inégalités persistantes dans la recherche sur la santé des femmes. Il a déploré la faible représentation des femmes africaines dans les études cliniques et rappelé que moins de 2 % des études cliniques mondiales concernent directement cette catégorie de population.
Le ministre a également présenté les avancées enregistrées par le Bénin, notamment la révision de la loi sur la santé de la reproduction et l’adoption de la loi du 20 décembre 2021 renforçant la protection des femmes et des filles contre les violences fondées sur le sexe. Il a invité les chercheurs à produire des données scientifiques solides afin d’éclairer les politiques publiques. De son côté, Mme Romarique Sèdami Médégan Fagla, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a partagé un témoignage personnel sur les difficultés rencontrées par les femmes face à certaines réalités biologiques encore insuffisamment prises en compte par la médecine. Elle a plaidé pour une recherche davantage centrée sur les spécificités féminines et pour la formation de spécialistes capables d’améliorer la prise en charge des femmes. À travers cette première édition, le CISFA ambitionne de renforcer les collaborations entre chercheurs, professionnels de santé, institutions publiques et partenaires au développement. Les conclusions issues des travaux devraient contribuer à orienter les stratégies sanitaires et à favoriser des interventions plus efficaces en faveur de la santé des femmes africaines. Les travaux de ce rendez-vous scientifique international se poursuivent jusqu’au vendredi 10 juillet 2026, date prévue pour la clôture de cette première édition.

Victorin FASSINOU

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