Le Monde de Sica s’apprête à devenir un espace privilégié de rencontres et de création entre artistes béninois et québécois. Du 22 octobre au 11 novembre 2026, Cotonou accueillera la résidence artistique « Regards Croisés Québec/Bénin #MinoNexus 2026 », initiée par l’Afromusée de Montréal, en collaboration avec Femme & Pouvoir et accueillie au Bénin par Le Monde de Sica. Pendant 20 jours, les participants confronteront leurs pratiques et leurs regards autour du thème « Traversées, identités & éco-matériaux », dans une démarche mêlant création, dialogue culturel et inclusion.
Après une première édition organisée en 2024 entre le Québec et la Côte d’Ivoire, Regards Croisés Québec/Bénin pose cette fois ses valises au Bénin. Pendant 20 jours, quatre artistes canadiens et leurs homologues béninois vont confronter leurs pratiques, leurs expériences et leurs regards dans une démarche de création collective. Le Monde de Sica, espace de création fondé à Cotonou par l’artiste Sica Christelle Yaovi, servira de cadre principal à cette rencontre artistique. Placée sous le label #MinoNexus, la résidence s’articule autour du thème « Traversées, identités & éco-matériaux ». Celui-ci invite les artistes à interroger ensemble la mémoire, l’altérité, la résilience et les enjeux écologiques contemporains, notamment à travers l’utilisation de matériaux durables ou recyclés. Le choix du label n’est pas anodin. « Mino » fait référence aux légendaires guerrières du royaume du Danxomè, associées au courage, à la résistance et au leadership féminin, tandis que « Nexus » renvoie à un point de convergence, là où différentes trajectoires peuvent se rencontrer et se répondre. Une symbolique qui résume l’ambition du projet : créer des passerelles entre des artistes issus de deux espaces culturels différents, sans effacer leurs singularités. Installés dans les plus de 200 m² du Monde de Sica, les artistes travailleront côte à côte autour de plusieurs disciplines, notamment les arts visuels, la photographie, l’art textile et la sculpture, avec une place accordée aux sculptures en fer. Le lieu entend ainsi devenir bien plus qu’un simple atelier : un véritable espace de rencontres, d’échanges et d’expérimentation.
L’art au service de l’inclusion
Au-delà de la création artistique, « Regards Croisés Québec/Bénin » revendique une forte dimension citoyenne et sociale. Le programme prévoit notamment des immersions patrimoniales à Ganvié et Ouidah, des masterclasses, des ateliers ouverts au public ainsi qu’une fresque participative à Porto-Novo avec des enfants en situation de grande précarité. Cette dimension communautaire constitue l’un des axes majeurs de la résidence. À travers les actions de médiation culturelle, les organisateurs souhaitent faire de l’art un outil concret d’inclusion et de transmission, notamment auprès des jeunes confrontés à des situations de vulnérabilité. La résidence donnera également lieu à la création d’œuvres originales et d’une fresque murale solidaire et pérenne. Un e-catalogue bilingue français-anglais de 32 pages ainsi qu’un film de trois minutes consacré aux coulisses du projet sont également annoncés.
Une exposition pour prolonger les échanges
Au terme des 20 jours de création, les œuvres produites seront présentées dans le cadre d’une exposition internationale à Cotonou. Cette restitution permettra au public de découvrir le fruit des échanges entre les artistes et de prolonger la réflexion autour des questions d’identité, de mémoire, de société et d’environnement. L’expérience ne s’arrêtera toutefois pas au Bénin. En mai 2027, une délégation béninoise se rendra à Montréal, où l’Afromusée accueillera à son tour les artistes et prolongera le dialogue engagé à Cotonou. Le projet prend ainsi la forme d’un véritable échange culturel transatlantique appelé à s’inscrire dans la durée. À travers « Regards Croisés Québec/Bénin #MinoNexus 2026 », l’art devient un langage commun entre deux territoires, deux histoires et plusieurs générations de créateurs. De Cotonou à Montréal, le projet ambitionne de faire naître, au-delà des œuvres, des rencontres durables et un nouveau regard sur les liens qui peuvent unir le Québec et le Bénin.
Victorin Fassinou

