À la découverte du Psychologue engagée au sein de l’ONG Fondation Durable : Annick ASSOGBA, la voix qui panse les blessures invisibles des enfants privés de soins parentaux

Elle ne soigne pas le corps, mais l’âme. Psychologue de la vie sociale et professionnelle, Annick G. ASSOGBA a fait le choix de mettre son expertise au service de ceux que la vie a le plus fragilisés : les orphelins et enfants vulnérables (OEV). Depuis deux ans, elle milite au sein de l’ONG Fondation Durable, où elle porte un projet aussi sensible qu’essentiel : la santé psychologique des enfants.

Son déclic, elle le résume en une conviction profonde. « Chaque personne a droit à une écoute, à un accompagnement et à la possibilité de se reconstruire, quelles que soient les difficultés qu’elle traverse », confie-t-elle. Une philosophie qui prend tout son sens dans les centres d’orphelinats où les expériences de séparation, de perte, de négligence ou de changements successifs de milieu de vie laissent des traces invisibles mais profondes sur le développement affectif, social et scolaire des enfants.

*Une oreille, un repère, un espoir*

Au sein de la Fondation Durable, dont le projet phare est le « Suivi de la santé des OEV », Annick ASSOGBA ne se contente pas d’écouter. Elle évalue, accompagne, oriente. Son rôle consiste à offrir aux enfants un espace sécurisant où ils peuvent enfin exprimer leurs émotions.

« Mon rôle consiste principalement à contribuer au bien-être psychologique et psychosocial des bénéficiaires. Je participe à l’écoute et à l’évaluation des besoins, à l’accompagnement individuel ou collectif, ainsi qu’à l’identification des situations nécessitant une orientation », explique-t-elle.

Le dispositif est bien structuré. Lorsqu’un enfant présente des troubles ou une détresse psychologique nécessitant une prise en charge spécialisée, il est orienté vers le psychologue disponible au niveau départemental grâce aux antennes départementales de l’ONG. Et quand aucun spécialiste n’est disponible sur place, des recommandations de prise en charge psychosociale sont élaborées et confiées au responsable du centre pour assurer la continuité du suivi.

Deuil, traumatismes liés à la séparation familiale, troubles de l’attachement, faible estime de soi, difficultés comportementales, problèmes relationnels avec les pairs ou les adultes, décrochage scolaire… Les problématiques rencontrées sur le terrain sont diverses et complexes. « Chaque parcours est différent et nécessite donc une écoute individualisée et une réponse adaptée », insiste la psychologue.

*La santé mentale, pilier de la santé globale*

Pour Annick ASSOGBA, l’évidence doit être rappelée : « La santé d’un enfant ne se limite pas à son état physique ». Un enfant peut sembler en pleine forme physiquement tout en vivant une souffrance émotionnelle intense qui, si elle n’est pas prise en charge, impactera son comportement, ses relations et sa scolarité.

C’est tout le sens de l’approche pluridisciplinaire prônée par la Fondation Durable. « Le médecin s’intéresse à la santé physique, tandis que le psychologue contribue à la santé émotionnelle et psychosociale. Les différentes compétences se complètent au bénéfice de l’enfant », souligne-t-elle.

*Renforcer le pôle psychologique*

Ambitieuse, la psychologue ne compte pas s’arrêter là. Ses perspectives pour la Fondation sont claires : mettre en place un dispositif de suivi psychologique plus structuré et régulier. Au programme, le dépistage précoce des difficultés psychologiques, le suivi individuel, des activités de groupe autour de l’expression des émotions et du développement des compétences psychosociales, ainsi que la formation des encadreurs des centres.

Elle lance également un appel à l’engagement. Loin de se limiter aux professionnels de santé – dentistes, pédiatres, pharmaciens, infirmiers, psychologues – la Fondation Durable est ouverte à toute personne engagée, responsable et respectueuse des droits de l’enfant. L’adhésion est gratuite et se fait en contactant WhatsApp via ce 0196103618 ou via les pages comme Facebook, LinkedIn Instagram de l’organisation.

« Soutenir la Fondation Durable ne signifie pas nécessairement être professionnel de santé. Chacun peut contribuer selon ses compétences, ses moyens et ses possibilités : par le bénévolat, l’expertise, le matériel, les ressources ou simplement en relayant nos actions. Investir dans la santé et le bien-être d’un enfant, c’est aussi investir dans l’avenir de notre société », plaide-t-elle.

*Son message final est un cri du cœur qui résume son combat*

« Un enfant vulnérable n’est pas seulement un enfant qu’il faut nourrir et soigner ; c’est aussi un enfant qu’il faut écouter, protéger, valoriser et accompagner. Ensemble, faisons de la protection de l’enfant une responsabilité collective et construisons un environnement dans lequel chaque enfant peut grandir, apprendre, se reconstruire et croire en son avenir. »

Méchack AHOUANDJA

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