À la Mosquée centrale Médine II d’Agori Plateau, dans la commune d’Abomey-Calavi, le sermon de ce vendredi 25 septembre 2026 a porté sur le véritable bonheur, la foi et les responsabilités qui accompagnent les charges confiées à l’homme. Devant les fidèles, le président de l’Union des imams de l’Atlantique et guide spirituel, Son Éminence El-Hadj Moutawakil Boukari Malik, a notamment rappelé qu’un mandat public constitue une « amânah », c’est-à-dire une responsabilité confiée à une personne et dont elle devra rendre compte.
Dans son intervention, l’imam a invité les croyants à ne pas réduire le bonheur aux biens matériels, à l’argent, au pouvoir ou à la reconnaissance sociale. Selon lui, la véritable sérénité trouve sa source dans la foi, le rappel d’Allah, la gratitude, le contentement, la patience et les bonnes œuvres.S’appuyant sur le verset « N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? » (Sourate Ar-Ra‘d, 13:28), il a rappelé que l’accumulation des biens ne garantit pas nécessairement la paix intérieure. Une personne peut disposer de richesses et rester préoccupée, tandis qu’une autre, avec peu de moyens matériels, peut vivre dans la sérénité grâce à sa foi et à sa confiance en Allah.
Une charge publique qui impose des devoirs
Au-delà de cette réflexion sur le bonheur, l’imam Moutawakil Boukari Malik a insisté sur la responsabilité liée à l’exercice d’une fonction publique. À ses yeux, une charge confiée par les citoyens n’est pas un bien personnel. Elle constitue une « amânah » qui doit être assumée au service de la collectivité. L’élu est ainsi appelé à agir avec justice, intégrité et dévouement. Le mandat qui lui est confié doit être exercé dans l’intérêt général, avec le souci de répondre aux préoccupations de la population et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. L’homme de Dieu a également rappelé que les responsabilités publiques ne doivent pas être considérées comme des récompenses. Elles impliquent plutôt des devoirs et une obligation de rendre compte. Sur le plan religieux, a-t-il souligné, toute personne investie d’une responsabilité devra répondre devant Allah de la manière dont elle l’a exercée.Dans cette même logique, l’imam a particulièrement interpellé les députés qui interviennent peu dans les débats parlementaires. Il les a invités à prendre la parole, à faire des propositions, à poser des questions, à exercer leur mission de contrôle et à porter les préoccupations de leurs mandants.Pour lui, occuper un siège au Parlement ne saurait se limiter à une présence physique. Le député doit participer aux débats et contribuer, par son action, aux décisions qui engagent la vie de la nation. « Un siège au Parlement n’est pas une récompense, mais une responsabilité », a-t-il rappelé en substance. L’imam a également reconnu aux citoyens le droit de demander des comptes à ceux qui exercent des responsabilités publiques. Cette exigence, a-t-il toutefois précisé, doit s’inscrire dans le respect de la vérité et de la dignité des personnes, sans diffamation ni calomnie. Revenant au thème central de son sermon, Moutawakil Boukari Malik a expliqué que le véritable bonheur ne se trouve pas uniquement dans l’argent, les possessions, le pouvoir ou la reconnaissance des autres. Il réside aussi dans la foi, le contentement, la gratitude, la patience, le pardon et la bienfaisance.Il a invité les fidèles à apprécier les bienfaits dont ils disposent et à ne pas attendre de les perdre pour en mesurer la valeur. La santé, la famille, les enfants, la possibilité de travailler, de marcher, de voir, d’entendre et surtout de pratiquer sa foi constituent, selon son enseignement, autant de raisons de rendre grâce à Allah.Le bonheur passe également par le bien que l’on fait autour de soi. Aider une personne en difficulté, soutenir un nécessiteux, visiter un malade, réconcilier des personnes en conflit ou simplement prononcer une bonne parole sont autant d’actes qui peuvent contribuer à la paix du cœur et à l’harmonie dans la communauté. Le sermon s’est achevé par des prières en faveur de la paix dans les familles, de la protection des enfants, de la guérison des malades, du soulagement des personnes éprouvées et du renforcement de l’unité et de la solidarité au sein des communautés.
Dans ce sermon, l’imam Moutawakil Boukari Malik a invité les fidèles à rechercher le véritable bonheur dans la proximité avec Allah, tout en rappelant aux détenteurs de charges publiques que toute responsabilité confiée doit être assumée avec conscience, justice et sens du devoir.
VIctorin Fassinou

