Le lancement officiel de la formation de 30 artisans béninois à la fabrication des sacs de rétention thermique (SRT) est intervenu le lundi 20 juillet 2026, au siège d’ESDAM à Cotonou. Portée par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas, en collaboration avec la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin (CMA-Bénin), cette initiative vise à promouvoir des solutions de cuisson propre tout en renforçant les capacités des artisans béninois.

Pendant trois jours, les artisans sélectionnés seront formés aux techniques de fabrication des sacs de rétention thermique. Cette formation leur permettra de maîtriser les différentes étapes de conception de ces équipements, notamment la découpe, le rembourrage, l’assemblage et les finitions, afin de favoriser une production locale capable de répondre aux besoins des cantines scolaires, des ménages et d’autres utilisateurs. Le sac de rétention thermique est une technologie simple qui permet de poursuivre la cuisson des aliments après une première phase d’ébullition, sans apport supplémentaire de combustible. Son utilisation contribue à réduire la consommation de bois de chauffe, de charbon ou de gaz, à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à préserver les qualités nutritionnelles des repas. Les aliments peuvent ainsi rester chauds pendant plusieurs heures, facilitant leur conservation et leur distribution. Au Bénin, cette innovation répond à une problématique majeure. Les cantines scolaires et de nombreux ménages utilisent encore largement le bois de chauffe pour la préparation des repas. Cette situation accentue la pression sur les ressources forestières, augmente les dépenses énergétiques et expose les cuisinières et cuisiniers aux fumées ainsi qu’à une forte chaleur. Les expériences menées dans certaines cantines scolaires ont déjà démontré l’efficacité des sacs de rétention thermique dans la réduction de la consommation de combustible et l’amélioration des conditions de travail.

Une technologie au service du climat et de l’artisanat local
À l’ouverture de la formation, le représentant résident du Programme alimentaire mondial (PAM) au Bénin, Ali Ouattara, a indiqué que cette initiative traduit une ambition commune de promouvoir des solutions de cuisson propres, durables et adaptées aux réalités locales, particulièrement au profit des cantines scolaires. Il a toutefois précisé que cette technologie peut également être utilisée dans d’autres secteurs, notamment les restaurants, les centres universitaires et les établissements pénitentiaires. Il a rappelé que, dans un pays comptant près de 5 800 écoles, le bois de chauffe demeure encore la principale source d’énergie utilisée pour préparer les repas, ce qui constitue un enjeu majeur pour la protection de l’environnement. À travers son initiative des « Cantines vertes », le PAM accompagne ainsi la promotion de solutions respectueuses de l’environnement, notamment les sacs de rétention thermique, les biodigesteurs et d’autres technologies de cuisson propre. Selon Ali Ouattara, le sac de rétention thermique permet de poursuivre la cuisson des aliments sans consommation supplémentaire de combustible après une première phase d’ébullition. Cette technologie contribue à réduire la consommation de bois et de charbon, à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer les conditions de travail des cuisinières, moins exposées à la fumée, à la chaleur et aux risques liés à la cuisson traditionnelle. Il a également insisté sur les avantages nutritionnels de cette innovation, qui favorise une cuisson douce et préserve davantage les qualités des aliments. Pour sa part, le représentant résident du PNUD, Titus Osundina, a présenté cette formation comme une réponse aux défis énergétiques, environnementaux et alimentaires auxquels le Bénin est confronté. Il a salué la qualité du partenariat entre le PNUD, le PAM et la CMA-Bénin, qui a rendu possible cette initiative. Il a précisé que les 30 artisans bénéficiaires, dont au moins 40 % de femmes, suivront une formation certifiante destinée à renforcer leurs compétences dans la fabrication des sacs de rétention thermique. Selon lui, cette démarche favorisera le développement d’une production locale, réduira la dépendance aux produits importés et créera de nouvelles opportunités économiques autour de cette technologie.La représentante de Pro Climate International, Clarisse Djomniang, a salué cette initiative et remercié les différents partenaires engagés dans la promotion des sacs de rétention thermique au Bénin. Elle a insisté sur l’importance d’un accompagnement technique de qualité afin d’assurer une bonne transmission des compétences aux artisans bénéficiaires. Le président de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin (CMA-Bénin), Soufiyanou Imorou, a, quant à lui, salué une initiative qui valorise le savoir-faire des artisans béninois. Il a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les artisans dans le développement de nouvelles compétences et dans la création d’activités génératrices de revenus autour de la fabrication des sacs de rétention thermique. Le représentant résident du PNUD a également annoncé que l’organisation entend renforcer cette dynamique à travers l’appui à d’autres solutions de cuisson propre, notamment les réchauds améliorés, les fours à pression et les biodigesteurs, afin de promouvoir une chaîne de cuisson durable au profit des ménages et des cantines scolaires. Au nom des artisans bénéficiaires, André Agbangla a exprimé sa gratitude au PAM, au PNUD, au Royaume des Pays-Bas, à la CMA-Bénin ainsi qu’à l’ensemble des partenaires pour cette opportunité de formation. Il a assuré que les participants mettront tout en œuvre pour maîtriser les techniques de fabrication des sacs de rétention thermique et partager les connaissances acquises avec d’autres artisans.

À travers cette initiative, les partenaires ambitionnent de développer une filière locale de fabrication des sacs de rétention thermique, de réduire la dépendance aux combustibles traditionnels, de contribuer à la protection de l’environnement et de faciliter l’accès des cantines scolaires, des ménages et d’autres utilisateurs à des équipements de cuisson plus économes, durables et respectueux du climat.
Victorin FASSINOU


