Culture : Kenneth Vihotogbe rend hommage à Urbain Dangnivo à travers un portrait artistique – Il choisit le dessin pour entretenir le devoir de mémoire

À la croisée du dessin de presse, de la bande dessinée et du cinéma d’animation, l’artiste béninois Kenneth Vihotogbe signe un portrait d’Urbain Dangnivo. Une œuvre qu’il présente comme un hommage à la mémoire d’un homme dont la disparition continue de marquer les consciences, sans pour autant s’immiscer dans le débat judiciaire.

l’artiste béninois Kenneth Vihotogbe

Le dessinateur de presse et auteur de bande dessinée Kenneth Vihotogbe a choisi de faire parler son crayon. Alors que l’affaire Urbain Dangnivo connaît un nouveau développement sur le plan judiciaire, l’artiste a réalisé un portrait de cet ancien cadre du ministère de l’Économie et des Finances, disparu depuis plus d’une décennie. Pour Kenneth Vihotogbe, cette initiative est née d’une conviction profonde , certaines histoires ne doivent jamais sombrer dans l’oubli. « Ce qui m’a motivé, c’est avant tout le sentiment que certaines histoires ne doivent jamais tomber dans l’oubli. Lorsque j’ai appris que le dossier d’Urbain Dangnivo revenait au cœur de l’actualité judiciaire, j’ai ressenti le besoin de m’exprimer à ma manière, avec ce que je sais faire de mieux : le dessin », confie-t-il. L’artiste insiste toutefois sur le fait que son œuvre ne constitue ni une prise de position ni un commentaire sur la procédure judiciaire en cours. À travers ce portrait, il entend simplement rappeler qu’au-delà des débats et des audiences, il existe une dimension profondément humaine.

Un hommage à la mémoire et à la dignité

Pour l’artiste, cette initiative est née d’une conviction ...

« Mon intention n’était pas de prendre position dans le débat judiciaire, mais de rappeler qu’au-delà des procédures, il y a un homme, une famille et une mémoire qui méritent d’être respectés », explique-t-il.À la famille d’Urbain Dangnivo, Kenneth Vihotogbe adresse un message de solidarité. Il souhaite lui témoigner que, même des années après les faits, sa douleur n’est pas oubliée. À l’opinion publique, il lance un appel à préserver la mémoire collective et à ne jamais banaliser les affaires touchant à la dignité humaine. Quant aux autorités, il exprime le souhait que toute la lumière soit faite sur cette affaire, dans le respect de la vérité et de la justice.

Le dessin comme outil de mémoire

Pour l’auteur, le dessin possède un pouvoir singulier. Sans se substituer aux enquêtes ni aux décisions de justice, il peut éveiller les consciences, susciter le dialogue et contribuer au devoir de mémoire. « Un portrait n’est pas seulement une image. C’est une manière de dire que derrière un nom, il y a une histoire, une famille et une dignité », affirme-t-il. Kenneth Vihotogbe évolue depuis plusieurs années à l’intersection du dessin de presse, de la bande dessinée et du cinéma d’animation. Auteur des bandes dessinées Kouvito dans les rues de Kokoli, Tata Adjatchè et N’fa, le fils de Kankoula, il est également diplômé en génie civil BTP. Un parcours atypique qui nourrit une démarche artistique engagée, où le trait devient un moyen d’interroger la société, de transmettre des émotions et de faire vivre la mémoire collective.

L’artiste lance un appel à préserver la mémoire collective et à ne jamais banaliser les affaires touchant à la dignité humaine

Victorin FASSINOU

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