Le lancement des activités LIFES du projet PASPort II a réuni, le mercredi 15 avril 2026, à l’Hôtel du Lac à Cotonou, les acteurs du secteur portuaire autour de la promotion du dialogue social. Cette initiative vise à renforcer les mécanismes de concertation entre employeurs et employés, afin d’améliorer durablement les conditions de travail et de consolider la performance du secteur portuaire béninois.

Le dialogue social au sein du secteur portuaire entre dans une nouvelle phase avec le démarrage des activités LIFES du projet PASPort II. Cette rencontre a rassemblé les autorités gouvernementales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants des organisations syndicales et professionnelles. Le représentant de Enabel a salué une démarche destinée à instaurer un climat de confiance durable entre les différents acteurs du monde du travail. Les responsables de IFSI-IVSI ont insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de concertation sociale afin de prévenir les tensions et de favoriser un environnement professionnel stable et constructif. De leur côté, les centrales syndicales, notamment l’UNSTB et la CSA-Bénin, ont réaffirmé leur volonté de s’inscrire dans une dynamique de dialogue social inclusif et responsable.
Le représentant de l’IFSI-IVSI, Stefan De Groote, a mis en avant le caractère collectif du projet, fruit d’un processus de co-construction entre les différentes parties prenantes. Il a rappelé que le dialogue social constitue un levier essentiel pour la promotion du travail décent et la recherche d’accords équilibrés entre employeurs, travailleurs et pouvoirs publics. Il a également insisté sur la nécessité pour les acteurs sociaux de faire preuve de responsabilité et de constance afin de garantir des résultats durables. La représentante de l’Ambassadrice du Royaume de Belgique au Bénin a replacé le projet dans le cadre de la coopération bilatérale, soulignant les ambitions du programme PASPort II, qui vise à la fois l’amélioration de la performance du secteur portuaire et la promotion du travail décent. Elle a mis en exergue les actions en faveur des travailleurs du port, des dockers et des acteurs du transport routier, tout en insistant sur l’importance des conventions collectives comme outil fondamental de régulation sociale.

Un projet structurant pour le secteur portuaire
Au cœur de cette initiative, le projet PASPort II s’inscrit dans une dynamique globale visant à améliorer à la fois la performance du secteur portuaire et les conditions de travail des acteurs qui y évoluent. Porté par Enabel dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Bénin et le Royaume de Belgique, ce programme repose notamment sur un volet dédié au renforcement du dialogue social, considéré comme un levier essentiel pour la stabilité et la productivité du secteur.
Mis en œuvre en partenariat avec IFSI-IVSI, le projet cible principalement trois catégories d’acteurs : les travailleurs du Port autonome de Cotonou, les dockers encadrés par le Bureau d’Embauche unique, ainsi que les entreprises de transport routier et leurs conducteurs. Il vise à instaurer des mécanismes durables de concertation entre employeurs et employés, afin de prévenir les conflits et de favoriser un climat social apaisé.
Le rôle central des organisations syndicales
Dans cette dynamique, les centrales syndicales CSA-Bénin et UNSTB jouent un rôle central. Elles sont appelées à renforcer leurs capacités organisationnelles et techniques, notamment en matière de négociation collective, de gestion des conflits, de plaidoyer et de représentation des travailleurs. Leur implication vise également à consolider leur unité d’action et à améliorer leur efficacité dans la défense des droits et intérêts des travailleurs. À travers ce projet, plusieurs objectifs sont poursuivis, dont la mise en place de cadres structurés de dialogue entre les partenaires sociaux, la promotion de conventions collectives adaptées aux réalités du terrain, ainsi que la modernisation des structures syndicales. À terme, les attentes portent sur l’amélioration significative des conditions de travail, la réduction des tensions sociales et le renforcement d’un environnement professionnel plus équitable, inclusif et propice au développement durable du secteur portuaire béninois. Le Secrétaire général de la CSA-Bénin et de l’UNSTB a rappelé le rôle stratégique du Port de Cotonou dans l’économie nationale et sous-régionale. Il a souligné que, malgré son importance, le secteur a longtemps été confronté à un dialogue social insuffisamment structuré, générant parfois des tensions. Il a ainsi salué la pertinence du projet PASPort II, conçu selon une approche participative ayant associé les bénéficiaires à toutes les étapes de sa conception. Le Secrétaire général adjoint du Ministère du Cadre de Vie et des Transports a, pour sa part, insisté sur le rôle du dialogue social comme levier de stabilité et de performance économique. Il a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers ainsi que la collaboration avec les organisations syndicales, tout en présentant les objectifs du projet axés sur le renforcement des capacités syndicales, la modernisation des structures et la mise en place d’un cadre structuré d’échanges entre employeurs et travailleurs. Au-delà des différentes interventions, les travaux ont permis de partager les objectifs, la méthodologie et les résultats attendus du projet. Les échanges ont également porté sur l’évolution du contexte syndical et sur les discussions en cours autour de la convention collective des dockers, un enjeu majeur pour la stabilité du secteur portuaire.
Les participants ont également pris part à des panels et exercices de réflexion visant à renforcer les synergies entre acteurs et à améliorer la coordination des actions. L’ensemble des parties prenantes a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite pour garantir des conditions de travail plus décentes et durables. Cette rencontre s’inscrit ainsi dans une dynamique de consolidation du dialogue social au Bénin, avec l’ambition de construire un secteur portuaire plus inclusif, plus organisé et plus performant au service du développement économique national.
Victorin Fassinou

