Le Syndicat national des enseignants pour le renouveau éducatif au Bénin (SYNERE-Bénin) tient, ce vendredi 25 septembre 2026, son 7è congrès ordinaire à la Bourse du travail. Placées sous le thème « Reconstruire le pouvoir syndical face aux mutations du monde du travail pour la justice sociale dans le système éducatif », ces assises réunissent responsables et militants de l’organisation autour des défis du syndicalisme enseignant et de l’avenir de l’école béninoise.

Les travaux constituent une étape importante dans la vie du SYNERE-Bénin. Ils offrent aux participants l’occasion de faire le bilan des actions menées, de réfléchir aux mutations du monde du travail et de dégager de nouvelles orientations pour renforcer l’action syndicale au service des enseignants. À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, Eloi Toffa, a souhaité la bienvenue aux congressistes et aux invités. Il a salué leur mobilisation et souligné l’importance de ces assises dans la vie de l’organisation, notamment dans la perspective du renouvellement de ses instances. Il a toutefois reconnu les difficultés rencontrées dans la préparation du congrès, particulièrement en matière de mobilisation des ressources. Les cotisations de participation ont constitué l’une des principales préoccupations du comité d’organisation, qui a dû multiplier les relances auprès de certaines structures. Malgré ces contraintes, Eloi Toffa a assuré que son équipe a travaillé avec les moyens disponibles pour permettre la tenue du congrès. Il a sollicité l’indulgence des participants face aux éventuelles insuffisances et souhaité plein succès aux travaux. Prenant la parole, le secrétaire général du SYNERE-Bénin, Anselme Amoussou, a salué la présence des enseignants venus de différentes régions du pays. Il a considéré cette mobilisation comme un signe de vitalité du mouvement syndical, malgré les difficultés auxquelles celui-ci est confronté. Pour lui, la persistance de l’engagement des militants traduit la volonté de maintenir le « flambeau de l’espoir » et de préserver l’action collective. Le secrétaire général a également rendu hommage aux responsables sortants pour les cinq années passées à la tête de l’organisation et pour les sacrifices consentis. Il a salué les syndicats amis, les anciens responsables et les partenaires sociaux qui continuent d’accompagner le SYNERE-Bénin.

Reconstruire la force syndicale
Dans son intervention, Anselme Amoussou a placé l’enseignant au cœur de la construction de la République. Il a cependant déploré les difficultés qui persistent dans le secteur, notamment la précarité, les classes surchargées, l’insuffisance des moyens pédagogiques, les conditions de travail difficiles et l’état de certaines infrastructures scolaires. Pour lui, l’ambition de construire une école de qualité doit nécessairement prendre en compte les conditions de travail et la valorisation des enseignants. Le responsable syndical a appelé à une nouvelle dynamique du mouvement syndical. Il estime que les organisations ne doivent pas se limiter aux lamentations, mais doivent être capables de proposer, de mobiliser et de rechercher de nouvelles stratégies pour défendre les intérêts des travailleurs. Il a plaidé pour un renforcement de l’unité syndicale et une meilleure coordination entre les différents secteurs et corps de l’éducation. Anselme Amoussou a ainsi défendu l’idée d’un syndicalisme plus inclusif, capable de rapprocher davantage les enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et les autres corps de l’éducation. Il a également insisté sur l’autonomie financière des organisations syndicales, appelant les militants à s’acquitter régulièrement de leurs cotisations afin de donner aux syndicats les moyens de fonctionner et d’agir efficacement. La formation des militants et des responsables constitue également, selon lui, un enjeu majeur. Il a appelé les syndicalistes à mieux maîtriser les textes qui régissent l’école, les droits des travailleurs et les conventions fondamentales du travail. Une meilleure connaissance de ces instruments doit permettre aux responsables syndicaux de défendre leurs positions avec davantage de compétence et de pertinence. Le secrétaire général a aussi insisté sur l’utilisation des outils numériques. Les réseaux sociaux, notamment WhatsApp et Facebook, doivent davantage servir à informer, mobiliser et sensibiliser les enseignants. Il a regretté le faible intérêt parfois suscité par les publications syndicales, comparativement aux faits divers et aux contenus de divertissement. Sur le terrain des revendications, Anselme Amoussou a cité l’intégration effective des enseignants aspirants, la revalorisation financière et sociale de la profession ainsi que l’amélioration des conditions d’enseignement et d’apprentissage. Il a également plaidé pour des infrastructures adaptées, des équipements pédagogiques modernes, des manuels scolaires révisés, davantage d’outils numériques et un meilleur entretien des établissements.
Dialogue social et nouvelles stratégies
Les représentants des syndicats amis invités au congrès ont également apporté leur contribution aux réflexions. Armand Agbohounka a appelé à reconstruire le pouvoir syndical en renforçant l’unité, la solidarité et la capacité d’adaptation du mouvement syndical aux mutations du monde du travail. Il a souhaité que le congrès constitue un moment de renaissance et de mobilisation pour mieux défendre les enseignants, l’école béninoise et la justice sociale. Alexandre Adjina a, pour sa part, salué la pertinence du thème retenu pour ces assises. Relevant les transformations actuelles du monde du travail, il a appelé les acteurs syndicaux des différents secteurs et sous-secteurs de l’éducation à unir leurs forces afin de revitaliser le mouvement syndical et de renforcer son action en faveur des travailleurs. Représentant le ministre des Enseignements maternel et primaire à la cérémonie d’ouverture, Clotaire Olihidé a félicité les responsables du SYNERE-Bénin pour la tenue du congrès et leur engagement dans le renouvellement des instances. Il a invité les congressistes à œuvrer à l’émergence de responsables capables de s’adapter aux mutations et aux réformes qui touchent le monde du travail et le secteur éducatif. Clotaire Olihidé a particulièrement salué l’approche syndicale d’Anselme Amoussou, qu’il a présentée comme privilégiant le calme, la discussion et une démarche non violente. Pour lui, l’adaptation des stratégies syndicales ne constitue pas une faiblesse. Elle doit plutôt permettre aux organisations de mieux comprendre les enjeux, d’identifier les stratégies appropriées et de défendre efficacement les intérêts de leurs membres. Abordant les relations entre l’administration et les organisations syndicales, il a assuré que le dialogue social au niveau du ministère des Enseignements maternel et primaire se porte bien, malgré les incompréhensions qui peuvent parfois survenir. Il a encouragé les partenaires sociaux à privilégier la concertation, estimant que le dialogue constitue un moyen important pour parvenir à des avancées en faveur des enseignants. Il a enfin invité les congressistes à veiller à la qualité des responsables qui seront désignés pour conduire les destinées du syndicat, mais aussi à celle des contributions du SYNERE-Bénin aux réflexions sur le renouveau de l’école. Au terme de ces différentes interventions, le 7è congrès ordinaire du SYNERE-Bénin se présente comme un espace de réflexion sur l’avenir du syndicalisme enseignant. Entre renouvellement des instances, renforcement de l’unité, formation des militants, autonomie financière, adaptation aux nouvelles réalités et dialogue social, les congressistes sont appelés à dégager les orientations qui guideront l’organisation dans les prochaines années.
VIctorin Fassinou


