Trafic d’électricité à Zè
La police démantèle un réseau actif depuis 2018
(Faux agents, compteurs volés et huit arrestations)
Un réseau bien organisé de fraude à l’électricité vient d’être démantelé dans la commune de Zè. L’affaire, qui remonte à plusieurs années, a conduit à l’interpellation de huit personnes, dont de faux agents et certains bénéficiaires des installations illégales.
À l’origine, trois individus se faisaient passer pour des agents de la SBEE. Ils proposaient à des clients l’installation de compteurs électriques sans aucune procédure officielle. En réalité, il s’agissait de matériels volés, posés en dehors de tout cadre légal.
L’enquête, ouverte par le commissariat de Zè Centre, a permis de remonter progressivement la filière. Deux autres membres du réseau ont été identifiés puis arrêtés, portant à cinq le nombre de personnes directement impliquées dans les opérations frauduleuses.
Mais les investigations ne se sont pas arrêtées là. Trois personnes ayant bénéficié de ces installations ont également été interpellées, entendues, puis présentées au procureur de la République. Au total, huit personnes sont désormais impliquées dans ce dossier. Selon des sources proches de l’enquête, le réseau opérait discrètement depuis 2018. Au moins 22 compteurs auraient été installés. Parmi eux, seuls deux auraient suivi les procédures normales auprès de la SBEE. Tous les autres ont été posés frauduleusement, les frais étant encaissés directement par les membres du réseau.
Les bénéficiaires sont pour la plupart des exploitants d’activités génératrices de revenus, notamment des ateliers de soudure, d’aiguiserie ou encore des buvettes. Grâce à ces branchements clandestins, ils consommaient de l’électricité sans jamais s’acquitter des frais auprès de la société.
L’enquête a également permis d’établir que plusieurs compteurs utilisés provenaient de vols signalés dans des localités comme Abomey-Calavi et Zinvié. Depuis les premières arrestations, certains clients ayant eu recours à ces services illégaux ont pris la fuite. Mais, selon des sources sécuritaires, ils sont activement recherchés.
V.F

