À la mosquée centrale Médine II d’Agori Plateau, à Abomey-Calavi, le sermon du vendredi 3 avril 2026 a pris une résonance particulière à quelques jours de l’élection présidentielle du 12 avril. Devant de nombreux fidèles, l’imam et président de l’Union des imams de l’Atlantique, Moutawakil Boukari Malik, a livré un message centré sur la responsabilité citoyenne, la paix et la vigilance face aux manipulations politiques.
Dans une atmosphère empreinte de ferveur religieuse, le guide spirituel a exhorté les fidèles à accomplir leur devoir civique en toute liberté. « Sortez massivement pour voter selon votre conscience », a-t-il insisté, mettant en garde contre toute forme d’influence ou d’achat de conscience. Pour lui, le scrutin du 12 avril doit être un moment d’expression démocratique sincère, loin des tensions et des calculs politiciens.
Un appel fort à la non-violence et à la responsabilité collective
Au-delà de l’acte de vote, l’imam a lancé un appel appuyé à l’ensemble des acteurs nationaux pour préserver la paix avant, pendant et après les élections. Il a notamment invité les partis politiques et les candidats à privilégier des campagnes basées sur des propositions concrètes, dans le respect mutuel et la tolérance. Les organisations de la société civile et les médias ont également été interpellés à jouer pleinement leur rôle d’éducation et de sensibilisation.
Dans son prêche, l’imam a insisté sur la nécessité d’éviter les violences, les injures et toute forme de dérive susceptible de compromettre la stabilité du pays. Il a aussi exhorté les forces de sécurité à assurer le maintien de l’ordre avec professionnalisme, tout en appelant les institutions électorales, notamment la Commission Électorale Nationale Autonome et la Cour constitutionnelle du Bénin, à garantir un processus transparent et crédible. Dans une seconde partie de son intervention, l’imam n’a pas hésité à porter un regard critique sur la classe politique béninoise. Dénonçant ce qu’il qualifie de « trahison de la confiance du peuple », il a fustigé certains acteurs politiques accusés d’avoir privilégié leurs intérêts personnels au détriment du bien commun. Évoquant notamment les recompositions politiques observées ces dernières années, il a pointé du doigt les revirements de certains responsables, estimant qu’ils contribuent à fragiliser la confiance des citoyens envers les institutions. Une situation qu’il juge préoccupante pour la vitalité démocratique.
Toutefois, malgré ces critiques, le message s’est voulu rassembleur. L’imam a appelé les Béninois à dépasser les clivages politiques pour œuvrer ensemble au développement du pays. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés, condition essentielle à la stabilité et au progrès. Le guide religieux , dans sa conclusion, a formulé des prières pour des élections apaisées et pour l’avènement de dirigeants justes et intègres. À quelques jours d’un scrutin décisif, ce sermon sonne comme un rappel : au-delà des divergences politiques, la paix et l’unité nationale doivent demeurer des priorités absolues au Bénin.
VIctorin FASSINOU

