Au Bénin, le diabète n’est plus une maladie rare. Il progresse de façon inquiétante et silencieuse, touchant un nombre croissant de personnes, souvent sans qu’elles en aient conscience. Face à cette réalité, la prévention apparaît aujourd’hui comme la réponse la plus efficace.
Les chiffres illustrent clairement l’ampleur du phénomène. Selon les estimations récentes, environ 466 800 adultes vivent avec le diabète au Bénin en 2024, contre seulement 70 600 en 2011, soit une augmentation spectaculaire en une décennie. La prévalence de la maladie est passée d’environ 2 % à plus de 8 % sur la même période. Plus préoccupant encore, de nombreuses personnes atteintes ignorent leur état. Certaines études montrent que jusqu’à 75 % des malades ne savent pas qu’ils sont diabétiques. Cette situation favorise un dépistage tardif et augmente les risques de complications graves.Le diabète est une maladie caractérisée par un excès de sucre dans le sang. Il évolue lentement et peut rester longtemps sans symptômes visibles. C’est cette évolution silencieuse qui le rend particulièrement dangereux. Lorsqu’il est découvert tardivement, il a souvent déjà provoqué des dégâts importants dans l’organisme.Les conséquences peuvent être lourdes. Le diabète augmente fortement le risque de maladies cardiovasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux, d’insuffisance rénale ou encore de perte de la vue. Dans certains cas, il peut conduire à des amputations. Au-delà des souffrances humaines, ces complications représentent un coût élevé pour les familles et pour le système de santé. La progression du diabète au Bénin s’explique en grande partie par les changements de mode de vie. L’urbanisation rapide s’accompagne d’une alimentation plus riche en sucres et en produits transformés, ainsi que d’une baisse de l’activité physique. Par ailleurs, le surpoids et l’obésité, qui touchent une part croissante de la population, constituent des facteurs de risque importants.
Face à cette situation, la prévention doit devenir un réflexe quotidien. Adopter une alimentation équilibrée est essentiel. Réduire la consommation de sucre, éviter les boissons sucrées et privilégier les aliments naturels comme les légumes, les fruits et les produits locaux permet de mieux contrôler le taux de sucre dans le sang. L’activité physique joue également un rôle clé. Il est recommandé de pratiquer au moins trente minutes d’exercice par jour. Une simple marche régulière peut déjà contribuer à réduire considérablement les risques. Dans un contexte où la sédentarité gagne du terrain, intégrer le mouvement dans son quotidien devient une nécessité.
Le dépistage constitue un autre pilier fondamental de la prévention. Pourtant, il reste encore insuffisamment pratiqué. Des initiatives montrent pourtant son importance. En 2023, plus de 9 000 personnes ont été dépistées lors d’une campagne nationale, tandis que plus d’un million de personnes ont été sensibilisées sur les facteurs de risque. Ces actions démontrent que des efforts sont en cours, mais qu’ils doivent être intensifiés.
WHO | Regional Office for Africa
Se faire dépister régulièrement, même en l’absence de symptômes, permet de détecter précocement la maladie et d’éviter les complications. Ce geste est particulièrement important pour les personnes à risque, notamment celles en surpoids ou ayant des antécédents familiaux. Au-delà des actions individuelles, la lutte contre le diabète est un enjeu collectif. Au Bénin, les maladies non transmissibles représentent une part importante des problèmes de santé et sont responsables d’une proportion significative des décès prématurés. Le diabète en est l’une des principales composantes.
Les Nations Unies en Bénin
Prévenir le diabète ne nécessite pas des moyens extraordinaires, mais une prise de conscience et des changements durables dans les habitudes de vie. Mieux manger, bouger davantage, se faire dépister régulièrement et consulter dès les premiers signes sont des gestes simples qui peuvent sauver des vies.
Le diabète n’est pas une fatalité. Dans de nombreux cas, il peut être évité ou contrôlé. Mais pour cela, il est essentiel d’agir tôt. Au Bénin, la véritable urgence n’est plus seulement de traiter la maladie, mais de la prévenir. Car face au diabète, le silence et l’inaction restent les plus grands dangers.
Source : www.who.int

