Économie informelle / StreetNet L’atelier régional de Cotonou s’achève sur une note de satisfaction générale (La jeunesse syndicale africaine écrit son manifeste d’engagement)

L’atelier régional de StreetNet International, consacré à la construction d’un syndicalisme fort et inclusif pour les jeunes travailleurs de l’économie informelle, s’est déroulé du 23 au 26 mars 2026 à la Bourse du travail de Cotonou, et s’est achevé sur une note de satisfaction générale.

Pendant quatre jours, la rencontre a réuni de jeunes militants syndicaux venus de plusieurs pays d’Afrique autour d’un objectif commun : renforcer leurs capacités, structurer leur engagement et promouvoir un syndicalisme adapté aux réalités de l’économie informelle. Organisé avec l’appui des affiliés béninois de StreetNet (SYNAMAB, CSA-Bénin et USYNVEPIB), l’atelier a mobilisé une trentaine de participants issus de divers horizons du continent. Placée sous le thème « Construire un syndicalisme fort et inclusif pour les jeunes travailleurs de l’économie informelle », cette initiative a été marquée par des séances plénières, des activités de renforcement de la solidarité, des échanges d’expériences, ainsi que des visites de terrain.

 La coordonnatrice des projets de StreetNet International, Carol Ussier, la.formatrice

 

Les bases d’un syndicalisme renouvelé

L’un des moments clés des travaux a été la rédaction du premier manifeste de la jeunesse africaine de StreetNet, un document stratégique qui met en lumière les défis du secteur, notamment en matière de protection sociale, d’accès au financement et de formation. Conçu comme un outil de plaidoyer, ce manifeste vise à porter la voix des jeunes travailleurs de l’économie informelle auprès des organisations syndicales et des décideurs publics. Il traduit également la volonté des participants de s’impliquer davantage dans la défense de leurs droits et dans la transformation du mouvement syndical. Au terme des travaux, organisateurs et participants ont unanimement salué la qualité des échanges, la richesse des contributions et l’esprit de solidarité qui a prévalu tout au long de l’atelier. Les jeunes, désormais mieux outillés, repartent avec une vision renouvelée du rôle du syndicalisme et une détermination affirmée à mettre en pratique les acquis dans leurs pays respectifs.La coordonnatrice des projets de StreetNet International, Carol Ussier, s’est félicitée de l’engagement et de la cohésion du groupe, malgré la diversité linguistique entre participants anglophones et francophones. Elle a rappelé que cette initiative s’inscrit dans un programme lancé en 2024 pour préparer une nouvelle génération de leaders syndicaux, capable de défendre efficacement les droits des travailleurs de l’économie informelle. L’atelier a également permis de poser les bases d’une meilleure structuration de la jeunesse au sein du réseau, avec la perspective de la mise en place d’un cadre dédié à leur participation. En marge des travaux, les participants ont effectué une visite touristique à Ouidah, haut lieu de mémoire de la traite négrière. Du Temple des Pythons à la Porte du non-retour, ils ont été profondément marqués par la richesse historique et culturelle des sites visités. La clôture de l’atelier, marquée par un dîner convivial, a offert aux participants l’occasion de découvrir un pan de la culture béninoise à travers des danses traditionnelles venues de plusieurs localités. Le clou de la soirée a été la prestation spectaculaire du masque Zangbeto, symbole de la tradition et de la protection dans certaines communautés du Bénin, qui a suscité admiration et émerveillement. Satisfaits de l’organisation et des résultats obtenus, les participants sont repartis avec de nouveaux repères, des souvenirs marquants et une ambition commune : bâtir un syndicalisme africain plus fort, inclusif et durable.
Victorin Fassinou

Ils ont dit

Jean-Claude Konan, Côte-dIvoire :

« Monsieur, bonjour. Merci de vous présenter. Je suis Jean-Claude Konan, je viens de la Côte d’Ivoire et je suis membre de la Fédération des travailleurs et travailleuses de l’économie informelle de Côte d’Ivoire. Avant tout propos, il faut que je remercie StreetNet International, qui nous a donné une opportunité, à nous jeunes Africains, de constituer une force de changement. Ce que nous avons fait, en tant que jeunes dans l’économie informelle, c’est de nous outiller afin que nous puissions apporter un changement dans le secteur informel. À travers cet atelier, nous avons élaboré un premier draft de manifeste qui met en lumière nos difficultés, mais aussi les solutions que nous, en tant qu’acteurs de l’économie informelle, pouvons apporter. »

 

Djenabou Sow, Guinée

« Je m’appelle Djenabou Sow, je suis communicatrice régionale de StreetNet pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Je suis guinéenne et je représente non seulement StreetNet International pour cet atelier, mais également ma centrale, la CNTG, qui est la Confédération nationale des travailleurs de Guinée. J’ai 25 ans. C’est une belle activité, c’est un bel atelier, parce qu’on a eu l’occasion de discuter entre jeunes, où il n’y a pas de vieilles personnes, comme on aime le dire. On a eu l’occasion de discuter entre jeunes, de parler des problèmes, de partager les ressentis que chaque pays est en train de vivre concernant les vendeurs de rue. Et non seulement cela, mais on a vraiment appris, partagé des expériences, rigolé, et on s’est amusés comme pas possible. On a vraiment apprécié l’activité. On ne s’attendait pas à une émotion aussi forte. Mais la formation a été au-delà même de nos attentes. Je repars avec de beaux souvenirs, je repars avec une bonne formation, je repars aussi avec un bagage intellectuel, parce que j’ai appris beaucoup de réalités de certains pays, notamment du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Zambie, d’autres pays, et du Lesotho aussi. On ne vit pas vraiment les mêmes circonstances. Aujourd’hui, grâce à cet atelier, on est parvenus à savoir quelles sont les réalités que chaque pays est en train de vivre.
Et donc, on repart non seulement pour restituer cela, mais aussi pour partager, afin que nous puissions ramener les bonnes pratiques que nous avons apprises des autres pays. »

 

Florine Sindani Ngiama RDC

« Je m’appelle Sindani Florine, je viens du Congo Kinshasa, RDC. Notre organisation c’est la Ligue pour les Droits de la Femme Congolaise, LDFC en sigle, je 26 ans.
Bon, je participe à ce projet parce que premièrement, je réponds aux critères que la Strict Net avait mis en place pour les jeunes. Et puis en dehors de ça, je travaille aussi au sein de l’organisation, je suis secrétaire de jeunes au sein de l’organisation.
Oui, il y a eu trop d’impact, beaucoup d’impact, je peux dire. Premièrement, quand je venais, je me sentais un peu, je me disais, je suis seule au Congo, est-ce que je vais m’habituer ? Et quand je suis venue, je trouvais une ambiance là que je ne m’attendais pas. On s’est vraiment habitués et les partages, on a beaucoup partagé des réalités de chaque pays, chacun partage ses réalités vraiment. Ça m’a beaucoup motivée en fait. Pour les jeunes qui travaillent, pour les jeunes ambulants en fait, ceux qui vendent à l’arrière, premièrement, il doit prendre conscience, il doit prendre conscience du travail qu’il fait en fait. Il doit prendre conscience de ça, il doit maîtriser leur travail, il doit être, il doit avoir confiance en soi. Il doit avoir confiance en soi, savoir ce qu’il fait, valoriser leur travail et puis, deuxièmement, je peux dire quoi ? C’est formaliser aussi. C’est formaliser dans tout ce qu’il fait et puis, apprendre sur leurs droits et puis, je peux dire dans les sens normalisés ou quelque chose comme. »

Réalisation VIctorin FASSINOU

 

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