Regards Croisés Québec/Bénin de l’Afromusée de Montréal Les artistes dévoilent le fruit d’une riche collaboration – Une exposition à voir jusqu’au 20 novembre

Après plusieurs jours de rencontres, d’immersion et de création, les artistes béninois et québécois ont présenté le fruit de leur collaboration au cours d’un vernissage organisé le mercredi 4 novembre 2026 au Monde de Sica, à Cotonou. Une initiative portée par l’Afromusée de Montréal, en collaboration avec Femme & Pouvoir, qui fait de l’art un puissant instrument de rapprochement entre les peuples.

Des œuvres issues de la résidence artistique « Regards Croisés Québec/Bénin #MinoNexus 2026 » sont à découvrir depuis le mercredi dernier au Monde de Sica. Cette exposition est le fruit de plusieurs jours de création et de partage entre des artistes béninois et québécois, réunis autour du thème « Traversées, identités & éco-matériaux ». Portée par l’Afromusée de Montréal, en collaboration avec Femme & Pouvoir, avec Le Monde de Sica comme espace d’accueil et de création, cette initiative ambitionne de faire dialoguer les cultures, de valoriser les identités et d’explorer de nouvelles expressions artistiques à partir des expériences croisées des participants. Seize mois de préparation ont été nécessaires pour concrétiser cette rencontre culturelle entre le Bénin et le Québec. Pendant leur séjour, les artistes ont partagé leurs expériences, confronté leurs sensibilités et expérimenté différentes approches de création. La peinture, la photographie, l’art textile et la sculpture, notamment le travail du fer, ont constitué les principaux moyens d’expression de cette aventure artistique. L’utilisation de matériaux durables et recyclés a également nourri les réflexions autour du rapport entre création contemporaine et environnement.

Au-delà des ateliers, la résidence a privilégié l’immersion dans la culture béninoise. Les visites de sites patrimoniaux, les découvertes de lieux de vie et les échanges avec les acteurs culturels locaux ont permis aux artistes québécois de mieux appréhender les réalités du pays. Des masterclasses et des activités ouvertes au public ont également contribué à élargir cette expérience à d’autres composantes de la société.

Directrice artistique de la résidence, Sica Christelle Yaovi, artiste plasticienne et fondatrice du Monde de Sica, s’est réjouie de la cohésion qui a marqué le travail des participants. Rappelant que son espace, créé en 2014, a été pensé comme un lieu d’accueil pour les artistes de différents horizons, elle a souligné que cette résidence correspond pleinement à sa vision d’un cadre où l’on peut échanger, apprendre et grandir ensemble. Malgré les difficultés rencontrées durant la préparation et la mise en œuvre, elle a salué la capacité des artistes à construire une dynamique collective dans laquelle chacun a pu trouver sa place et se sentir chez lui.

Cette volonté de rapprochement a également été mise en avant par Carole Da Silva Tchaou, coordinatrice locale du projet et fondatrice du média Femme & Pouvoir TV. Elle a exprimé sa fierté de voir le Bénin accueillir cette édition et prendre une place dans une dynamique de transmission et de partage entre l’Afrique et l’Amérique du Nord. Pour elle, cette rencontre représente une occasion de faire découvrir le Bénin sous d’autres angles et de contribuer à l’évolution des représentations de l’Afrique au Canada. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité de transformer les différences culturelles en opportunités de découverte et de rapprochement.

Pour sa part, Guy Mushagalusa Chigoho, directeur général et fondateur de l’Afromusée de Montréal, a salué la mobilisation des différents acteurs ayant permis de transformer cette vision en réalité. Il a notamment rendu hommage à Karim, à Sica Christelle Yaovi et à Carole Da Silva Tchaou pour leur accompagnement durant les seize mois de préparation. Il a également remercié les artistes des deux pays ainsi que les partenaires institutionnels et diplomatiques. À ses yeux, le vernissage constitue l’aboutissement d’un travail collectif fondé sur la confiance, la collaboration et le partage.

Les artistes témoignent d’une expérience enrichissante

Au nom des artistes québécois, l’artiste peintre et muraliste MALICIOUZ a salué la qualité de l’accueil et l’expérience d’immersion vécue au Bénin. Elle a particulièrement souligné que la découverte d’une culture ne passe pas uniquement par les monuments et les sites historiques, mais aussi par les habitudes quotidiennes, les conversations et les relations humaines. D’origine haïtienne, elle a également expliqué que sa démarche artistique s’inscrit dans un lien entre le Québec, Haïti et le Bénin, trois espaces culturels qui se rejoignent dans son parcours personnel.

Du côté béninois, l’artiste pluridisciplinaire Ulrich Gbaguidi, porte-parole des participants locaux, a mis en avant l’intensité du processus de création. Il a rappelé que la phase de production s’est déroulée sur une semaine particulièrement exigeante, nourrie par les découvertes, les expérimentations et les rencontres. Il a surtout retenu l’harmonie et l’énergie collective qui ont permis aux artistes de travailler dans un esprit de complémentarité et de partage.

### La diplomatie culturelle et le secteur privé appelés à accompagner la création

Présente à la cérémonie, l’ambassadrice du Canada près le Bénin, S.E. Evelyne Dabiré, a souligné la place de la culture dans le renforcement des relations bilatérales. Selon elle, les échanges entre les États ne doivent pas se limiter aux cadres diplomatiques et institutionnels. Les rencontres humaines et les initiatives artistiques constituent également des moyens privilégiés de rapprochement et de découverte mutuelle. Elle s’est réjouie de voir le Bénin et le Canada réunir leurs talents pour produire des œuvres qui témoignent de la richesse de leurs échanges. Elle a exprimé le souhait de voir cette coopération se poursuivre.

Dans la même dynamique, Moïse Achille Houssou, directeur général de la Société immobilière et d’aménagement urbain (SIMAU), a plaidé pour une plus grande implication des entreprises béninoises dans le financement de l’art et de la culture. Pour lui, la promotion de la création artistique ne saurait relever uniquement de la responsabilité de l’État. Le secteur privé doit également contribuer à son développement. Il a, par ailleurs, réaffirmé la disponibilité de la SIMAU à poursuivre cette collaboration, notamment en favorisant une meilleure intégration des jeunes artistes dans les projets d’aménagement et les espaces en construction.

Le vernissage a connu la présence de plusieurs personnalités, notamment des députés, d’anciens ministres, des responsables du secteur culturel, des partenaires du projet ainsi que des membres du corps diplomatique.

 

De Cotonou à Montréal, une coopération appelée à se poursuivre

L’ambition de #MinoNexus 2026 dépasse la seule présentation des œuvres. Le projet prévoit notamment la réalisation d’une fresque participative avec des enfants en situation de grande précarité à Porto-Novo, ainsi que la production d’un catalogue numérique bilingue de 32 pages et d’un film de trois minutes retraçant les coulisses de la résidence. Une exposition à Cotonou permettra également de prolonger la découverte des créations auprès du public.

La coopération devrait connaître une nouvelle étape en mai 2027 à Montréal, avec l’annonce d’une délégation béninoise appelée à poursuivre les échanges avec l’Afromusée. Après une première édition organisée en 2024 entre le Québec et la Côte d’Ivoire, cette initiative entend ainsi inscrire les rencontres artistiques dans une dynamique durable. De Cotonou à Montréal, #MinoNexus 2026 entend ainsi prolonger une conviction partagée par les participants : l’art est aussi un langage de rapprochement, de transmission et de construction de liens entre les peuples.

Osias Satingo

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