Budget 2027 et réformes : KOUKPÉMÉDJI détaille les choix de l’Assemblée et les priorités du Gouvernement

Le budget de l’Assemblée nationale, les relations entre les institutions et les premières orientations du Gouvernement ont été au cœur des échanges. Pendant près d’une heure, l’He Dèhoumon Louis KOUKPÉMÉDJI a répondu aux questions de l’émission « L’Entretien du dimanche » sur EDEN TV, dimanche 13 septembre 2026. Une occasion pour le parlementaire d’apporter des explications sur le fonctionnement de l’institution parlementaire et de revenir sur plusieurs préoccupations qui intéressent directement les citoyens.

Sur le budget 2027 de l’Assemblée nationale, adopté le 9 septembre dernier, le député a d’abord apporté des précisions sur les chiffres. Il a indiqué que le budget s’élève à environ 31,6 milliards de FCFA, contre environ 33 milliards pour le budget initial de l’exercice 2026. Une comparaison avec le budget 2026 remanié, qui avait dépassé 35 milliards de FCFA, peut toutefois conduire à une autre appréciation de la baisse. Pour lui, les pourcentages avancés dépendent donc de la base de comparaison retenue. Dèhoumon Louis KOUKPÉMÉDJI a expliqué cette diminution par plusieurs facteurs. Il a notamment évoqué le respect de la lettre de cadrage du Gouvernement, qui appelle à une maîtrise des charges et des dépenses. À cela s’ajoute la disparition de certaines dépenses exceptionnelles liées à l’installation de la dixième législature et aux indemnités des députés de la neuvième législature non reconduits. Le parlementaire a également mis en avant les économies attendues de la digitalisation de l’administration parlementaire. La modernisation annoncée pour 2027 devrait notamment réduire certaines dépenses liées aux biens et services et au fonctionnement, avec une utilisation plus importante des outils numériques et une diminution progressive des besoins en supports papier. Cette modernisation concerne aussi les conditions de travail au sein de l’institution. Le député a relevé les changements déjà perceptibles dans le fonctionnement du Parlement, notamment en matière d’assiduité et de ponctualité dans les travaux. Il a également évoqué une meilleure répartition du temps de parole entre les deux groupes parlementaires, dans le respect du règlement intérieur. La digitalisation devrait par ailleurs permettre de rapprocher davantage l’Assemblée nationale des citoyens. Selon les explications de l’élu, les populations pourraient progressivement faire parvenir leurs préoccupations et certaines pétitions à l’institution à distance, sans être obligées de se déplacer systématiquement à Porto-Novo. Cette évolution s’inscrit dans la volonté de faciliter les échanges entre les représentants de la Nation et les citoyens. Pour lui, cette réduction des charges ne signifie pas une privation de moyens pour l’institution. Il affirme au contraire que le budget prévoit des moyens destinés à renforcer la proximité des députés avec les populations. Il a également démenti toute interprétation faisant état d’une volonté de réduire les effectifs de l’Assemblée nationale en 2027. Selon lui, l’état des effectifs annexé au budget ne prévoit pas de « dégraissage » du personnel. Le député a par ailleurs expliqué que l’élaboration du budget de l’Assemblée nationale suit un processus encadré. L’avant-projet est préparé par les services compétents de l’administration parlementaire sous le contrôle du président de l’Assemblée nationale, avant son examen par le Bureau puis par la commission chargée des finances. Après les travaux techniques et les éventuels amendements, le projet est soumis à la plénière pour débat et adoption. Il a également insisté sur le rôle des services de l’administration parlementaire dans le fonctionnement de l’institution. À ses yeux, la qualité du travail des députés dépend aussi de l’appui technique, documentaire et administratif qui leur est fourni. Dans cette perspective, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences doit contribuer au renforcement des capacités du personnel et à l’amélioration de l’accompagnement des travaux parlementaires. Pour KOUKPÉMÉDJI, le budget de l’Assemblée nationale ne saurait être réduit aux dépenses liées aux députés. Il s’agit, selon lui, des moyens nécessaires au fonctionnement d’une institution constitutionnelle chargée notamment de voter les lois et le budget de l’État, de contrôler l’action gouvernementale et de porter les préoccupations des populations. « Le budget de l’Assemblée nationale, c’est le budget du peuple », a-t-il résumé.

Les 100 premiers jours du Gouvernement sous le signe du social

Sur les 100 premiers jours du Gouvernement du Président Romuald Wadagni, l’élu estime qu’il est trop tôt pour dresser un bilan définitif. Cette période constitue davantage, selon lui, un moment d’impulsion et d’orientation permettant d’identifier les priorités du nouveau mandat.Dans les premières décisions gouvernementales, il relève une volonté de continuité de l’État, mais aussi une accentuation de la dimension sociale de l’action publique. Il cite notamment la prise en charge systématique des urgences vitales dans les hôpitaux publics, mesure qu’il associe à la volonté de faciliter l’accès rapide aux soins lorsque la vie du patient est en jeu. Dans le secteur éducatif, il évoque l’extension annoncée des cantines scolaires, avec un passage de 1,4 million à 1,9 million d’écoliers bénéficiaires, ainsi que la gratuité de l’inscription des filles orientées vers certaines formations techniques. Il mentionne également la fabrication annoncée de 12 000 tables-bancs pour répondre au déficit de mobilier dans les établissements scolaires. Au niveau de l’enseignement supérieur, le député relève le renforcement de la flotte de transport universitaire avec 63 bus, l’augmentation des bourses et des allocations de rentrée, ainsi que certaines mesures d’inclusion en faveur des étudiants en situation de handicap. Il cite également l’électrification hors réseau de certaines localités et la construction annoncée de 35 centres économiques et sociaux intégrés. Il évoque aussi les mesures annoncées en faveur des personnes vivant avec un handicap. Selon ses explications, des dispositions doivent permettre à des étudiants en situation de handicap et répondant aux conditions requises de bénéficier systématiquement de bourses. Il a également mentionné la gratuité de l’inscription pour 5 000 personnes en situation de handicap. Pour l’élu, ces décisions traduisent des orientations annoncées pendant la campagne et qui commencent à être mises en œuvre. Mais il insiste sur un point. L’essentiel reste désormais dans l’exécution. « La décision publique n’a de valeur que lorsqu’elle se traduit clairement en action et que ces actions produisent les effets espérés au niveau des citoyens », a-t-il relevé en substance. Cette question de l’exécution concerne, selon lui, l’ensemble de la chaîne administrative. Les ministres, les services techniques et les directions sectorielles doivent assurer la mise en œuvre effective des décisions prises. Pour le parlementaire, c’est à ce niveau que les politiques publiques peuvent être concrètement appréciées par les populations.

Une nouvelle architecture institutionnelle

L’entretien a également permis d’aborder le passage du Bénin à un Parlement bicaméral avec l’installation du Sénat. KOUKPÉMÉDJI rappelle que les deux chambres disposent de prérogatives définies par les textes et estime que leur collaboration doit reposer sur une circulation diligente des textes et un respect des responsabilités de chacune. Il évoque notamment les prérogatives du Sénat en matière de régulation de la vie politique, de préservation de l’unité nationale, de la démocratie, de la paix et de la stabilité politique. Certaines catégories de lois, notamment celles à caractère constitutionnel et électoral ainsi que celles relatives à l’organisation des partis politiques, doivent, selon son explication, recevoir l’avis de non-objection du Sénat avant leur promulgation. Le député a également expliqué que le Sénat peut être amené à examiner certaines lois déjà votées par l’Assemblée nationale. Il a toutefois relevé que cette intervention ne concerne pas toutes les catégories de textes, notamment les lois de finances, les lois de règlement et les lois de programme. Pour KOUKPÉMÉDJI, la mise en place de cette nouvelle architecture institutionnelle suppose surtout que chaque chambre connaisse clairement ses responsabilités. La circulation des textes entre les institutions doit se faire dans les délais et dans le respect des prérogatives prévues par les textes.Le député voit dans cette nouvelle architecture une évolution du dispositif institutionnel, avec l’objectif d’améliorer le fonctionnement des institutions et l’efficacité de l’action publique.Il s’est également prononcé sur la nouvelle organisation du Conseil économique et social (CES), notamment sur sa mission de vulgarisation des lois votées par l’Assemblée nationale. Pour lui, cette responsabilité répond à une nécessité. Permettre aux citoyens de mieux connaître les textes qui régissent leur vie quotidienne.Il estime que le principe selon lequel « nul n’est censé ignorer la loi » doit aller de pair avec un véritable effort d’information des citoyens. Une meilleure connaissance des lois devrait, à ses yeux, favoriser leur compréhension et leur respect. Pour illustrer cette nécessité, le parlementaire a évoqué le cas de citoyens qui découvrent parfois, au moment d’une procédure judiciaire ou d’une interpellation, certaines obligations prévues par les textes. Il a notamment cité la question de l’assurance des véhicules et les sanctions prévues en cas de défaut. Pour lui, la vulgarisation des lois doit permettre aux citoyens de connaître leurs droits, mais aussi leurs obligations.Au-delà des textes, KOUKPÉMÉDJI insiste sur la nécessité d’une collaboration positive entre les différentes institutions. Il estime que leur rapprochement doit permettre de mieux écouter les populations, de comprendre leurs préoccupations et d’en tenir compte dans l’action publique. La décentralisation de certaines activités du CES doit également contribuer, selon lui, à cette proximité. En allant davantage vers les citoyens, les institutions peuvent recueillir leurs préoccupations et mieux comprendre les réalités auxquelles ils sont confrontés. Ces informations peuvent ensuite être prises en compte dans les réflexions et les orientations de l’action publique.

Une exigence d’efficacité

À travers les différents sujets abordés, l’He Dèhoumon Louis KOUKPÉMÉDJI revient sur une même exigence, celle de l’efficacité de l’action publique. Il estime qu’une prise de conscience s’est opérée autour de la nécessité pour le Bénin d’aller plus vite dans la mise en œuvre des décisions et des réformes. Pour le parlementaire, cette exigence concerne aussi bien les relations entre l’Exécutif et le Parlement que celles entre les différentes institutions de la République. Chacune doit, selon lui, jouer pleinement son rôle dans le respect de ses prérogatives, avec pour finalité la prise en compte des préoccupations des populations.

VIctorin Fassinou

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