RFLD, le réseau panafricain basé à Porto-Novo, réunit la CADHP, la Suède et l’Allemagne à Dakar : le Bénin, terre d’ancrage d’une institution continentale en pleine expansion

Cotonou, le 17 juin 2026 — Le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD), intermédiaire afroféministe panafricain dont le siège international est à Porto-Novo, a tenu mardi à Dakar une concertation institutionnelle de haut niveau sur la protection des défenseuses des droits humains en Afrique de l’Ouest. La rencontre, organisée à l’occasion du lancement officiel du Bureau de Dakar  quatrième bureau régional du réseau , marque une étape majeure dans l’expansion continentale d’une organisation dont l’ancrage béninois constitue désormais un atout institutionnel reconnu à l’échelle continentale et internationale.

L’identité béninoise de RFLD est explicite et revendiquée. Le réseau est conçu, gouverné et dirigé par des femmes africaines, sous la direction de Madame Dossi Sêkonnou Gloria AGUEH, Directrice Afrique, basée à Porto-Novo. Les bureaux régionaux d’Accra (Ghana), de Banjul (Gambie) et désormais de Dakar (Sénégal) complètent une architecture continentale qui couvre les corridors francophones, anglophones et lusophones de l’Afrique, avec un réseau de 670 organisations membres à travers plus de 35 pays africains.

L’ancrage béninois de RFLD se traduit également par une équipe institutionnelle d’envergure. Monsieur John GBENAGNON, Béninois et Directeur de la stratégie et du développement de RFLD, a porté la représentation senior du réseau à Dakar mardi. Sa fonction couvre la mobilisation des partenariats stratégiques de l’organisation avec les bailleurs internationaux — un domaine où RFLD a construit, au fil des années, des relations institutionnelles avec la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), avec Sida (la coopération suédoise) et avec le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) à travers la GIZ.

La concertation de Dakar a réuni dans la même salle plusieurs voix institutionnelles structurantes. L’Honorable Professeur Remy Ngoy Lumbu, Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits humains et Point focal sur les Représailles en Afrique de la CADHP, et ancien Président de la CADHP, présidait la séance. Son Excellence Catharina Cappelin, Ambassadrice du Royaume de Suède au Sénégal, accompagnée de Madame Khady Touré, Chargée de Programme et Affaires Politiques de l’Ambassade, représentait la Suède. La République Fédérale d’Allemagne était représentée à trois niveaux : Madame Henriette Wolf, Première Secrétaire (politique) à l’Ambassade ; Madame Katja Roeckel, Directrice Pays de GIZ Sénégal ; et Monsieur Mathias Muehlhans, Directeur de Programme de GIZ Sénégal.

Cette présence européenne à Dakar pour appuyer une organisation béninoise lors du lancement de son bureau sénégalais illustre la maturité institutionnelle de RFLD. Le réseau est titulaire du Statut d’observateur N°553 auprès de la CADHP et siège au sein du Groupe de Travail de la CADHP sur les défenseurs des droits humains. Cette reconnaissance continentale est complétée par une certification d’équivalence US 501(c)(3) Public Charity par NGOsource — un statut institutionnel rare pour une organisation africaine, qui ouvre l’accès aux fondations privées américaines —, et par un audit annuel externe indépendant.

L’engagement institutionnel de RFLD avec l’Allemagne se situe à deux niveaux complémentaires. Au niveau de la gouvernance continentale, RFLD est co-présidente du Conseil Consultatif du Programme SEA-T (Society. Equality. Africa – the Transformation), le programme phare allemand sur le genre en Afrique. Le mandat du Conseil, dont RFLD assure la co-présidence depuis Porto-Novo, est d’assurer que la direction, les priorités et les ressources de SEA-T soient alignées sur les visions de la société civile afroféministe et les priorités des États partenaires africains.

Au niveau opérationnel, le BMZ finance RFLD avec l’appui de la GIZ à travers l’Initiative Afroféministe pour le Développement des Droits Humains en Afrique de l’Ouest Francophone (AIHRDFWA), travaillant en concertation avec les autorités nationales de huit pays ouest-africains francophones. Cette initiative phare de 30 mois place RFLD comme partenaire opérationnel de premier plan dans la coopération franco-germanique en Afrique de l’Ouest.

L’engagement institutionnel de RFLD avec la Suède passe par Sida, qui appuie le réseau comme partenaire du consortium NAFASI. NAFASI, mot swahili pour espace, est une initiative de trois ans pour la défense de l’espace civique numérique africain, dirigée par Magamba Network (Zimbabwe) et mise en œuvre en consortium avec DefendDefenders (Ouganda) et RFLD pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale francophone et lusophone.

La concertation de Dakar a articulé une thèse intellectuelle qui pourrait marquer les conversations continentales à venir. Le Professeur Mabassa Fall, juriste sénégalais et expert senior du système africain des droits humains, a posé : le système africain des droits humains n’est pas sous-développé en instruments ; il est sous-développé dans les mécanismes par lesquels la société civile, et les défenseuses spécifiquement, peuvent convertir les décisions continentales en protection nationale. La thèse a été endorsée par le Rapporteur spécial Ngoy Lumbu dans son intervention substantive d’ouverture.

Madame Hannah Forster, actuelle Directrice exécutive du Centre Africain pour la Démocratie et les Études des Droits de l’Homme (ACDHRS, Banjul) et fondatrice historique du Forum des ONG auprès de la CADHP, est venue à Dakar avec la voix de la société civile continentale historique. Sa présence inscrit la rencontre dans la mémoire longue de l’engagement de la société civile africaine auprès du système continental des droits humains.

RFLD lève actuellement entre 15 et 50 millions USD sur sa période stratégique 2026-2028, structurée autour de huit axes programmatiques. Cette mobilisation place le siège béninois de Porto-Novo comme l’un des centres de gravité institutionnels du paysage afroféministe panafricain pour les trois prochaines années. Pour la République du Bénin, l’ancrage à Porto-Novo d’une institution continentale de cette envergure constitue un signal d’attractivité institutionnelle internationale qui rejaillit sur le pays. Les principales discussions à Dakar étaient conduites par Madame Bathor Seck, Représentante Pays RFLD pour le Sénégal, au nom de Madame Dossi Sêkonnou Gloria AGUEH, Directrice Afrique. La cohésion institutionnelle entre le siège de Porto-Novo et les bureaux régionaux d’Accra, Banjul et désormais Dakar constitue la signature opérationnelle de RFLD — un modèle d’organisation panafricaine ancrée au Bénin et déployée à travers le continent.

 

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