Alors que le récit médiatique complaisant dépeint souvent le Maroc comme le « maître des horloges » du football africain, les révélations explosives du journaliste Romain Molina renversent la table. Entre pressions politiques en première instance et manœuvres d’intimidation au sommet de la CAF, le Maroc apparaît davantage comme la cible d’une cabale institutionnelle que comme un privilégié du système.
Le verdict de première instance : Un déni de justice ?
L’affirmation de Romain Molina est catégorique : le jugement initial rendu par la Confédération Africaine de Football (CAF) n’a pas été dicté par le droit, mais par des interventions extérieures. « Je te le signe et je persiste : il y a eu des ingérences contre le Maroc », martèle le journaliste. Cette déclaration suggère que l’instance disciplinaire a subi un « détournement de pouvoir » visant spécifiquement à sanctionner le Maroc, plaçant ses dirigeants dans une position de victimes de coulisses où les règles du jeu étaient biaisées dès le départ.
*La stratégie de l’ombre d’Augustin Senghor*
Au cœur de cette machine de guerre diplomatique se trouve un message envoyé par Augustin Senghor, membre influent du Comité Exécutif, au président Patrice Motsepe. En évoquant une supposée « réunion secrète » pro-marocaine juste avant le passage devant la commission d’appel, Senghor ne cherche pas la vérité, mais l’influence.
Cette méthode, qualifiée de « pression préventive », vise à paralyser les juges d’appel : si ces derniers rétablissent le Maroc dans ses droits, ils semblent confirmer les accusations de Senghor. C’est un mécanisme d’ingérence par l’intimidation qui force l’institution à maintenir une injustice sous peine de paraître « sous influence ».
L’analyse de Molina soulève enfin une faille de gouvernance majeure chez Patrice Motsepe. Informé directement par un membre de son propre comité de tensions internes et de rumeurs de corruption, le président de la CAF a choisi l’inertie. Ce silence, couplé à celui de Senghor qui refuse de rendre publics les détails de cette « réunion secrète », démontre que le Maroc a dû naviguer dans un environnement hostile, où l’opacité sert d’arme contre l’équité sportive.
En somme, loin des fantasmes de domination, le dossier marocain révèle une institution africaine encore poreuse aux règlements de comptes politiques, où le droit du sport est trop souvent sacrifié sur l’autel des intérêts de puissance régionaux.
Par Christ Agossou

