De jeunes militants syndicaux africains participent, du 23 au 26 mars 2026, à un atelier régional de StreetNet International. À la Bourse du travail à Cotonou, l’objectif est de renforcer leurs capacités, structurer leur engagement et impulser un syndicalisme inclusif, adapté aux réalités de l’économie informelle.

« Construire un syndicalisme fort et inclusif pour les jeunes travailleurs de l’économie informelle », tel est le thème de cet atelier, organisé par StreetNet International avec le soutien organisationnel de ses affiliés du Bénin (SYNAMAB, CSA-Bénin et USYNVEPIB). Cette rencontre a réuni une trentaine de jeunes participants venus du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Sierra Leone, du Niger, du Burkina Faso, de la Guinée, du Nigeria, du Kenya, du Lesotho, du Malawi, du Rwanda, d’Afrique du Sud, de la RDC, de la Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe. L’atelier se déroule sous la houlette de la camarade Carolina Ussier et a été ouvert officiellement par la camarade Anastasie Chodaton, membre du Conseil international de la SNI. Séances plénières, activités de renforcement de la solidarité, rédaction du manifeste de la jeunesse africaine, visites de terrain et échanges culturels : tels sont les temps forts de cet atelier, pensé pour outiller et mobiliser les jeunes leaders syndicaux africains. Ces activités permettent aux participants de partager leurs expériences, d’acquérir de nouvelles compétences et de réfléchir ensemble à des solutions concrètes pour un syndicalisme plus inclusif et représentatif. Procédant à l’ouverture officielle de l’atelier, Anastasie Chodaton, Secrétaire générale du SYNAVAMAB et membre du Conseil international de StreetNet International, a livré une intervention engagée, centrée sur le rôle central de la jeunesse dans la refondation du mouvement syndical. Dans un discours à la fois pédagogique et mobilisateur, elle a rappelé que le thème de l’atelier interpelle sur l’urgence de bâtir un syndicalisme renouvelé, plus fort et résolument inclusif. « Le thème qui nous réunit est évocateur de la nécessité de créer un nouveau type de syndicalisme fort, qui accepte la jeunesse pour une refondation complète du système », a-t-elle affirmé, invitant les participants à s’inspirer de l’histoire du Bénin et de la bravoure des guerriers et guerrières amazones pour défendre leurs convictions. « C’est le lieu de vous battre comme ces guerriers du Dahomey d’alors pour vos convictions afin de ne pas laisser sombrer vos projets. ». Elle a également souligné la responsabilité des jeunes à prendre le relais dans un contexte marqué par les mutations profondes du monde du travail, notamment dans l’économie informelle. « Le syndicalisme doit compter sur vous et avec vous à partir d’aujourd’hui (…) Comme on le dit chez nous, c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle. »

Structurer la jeunesse syndicale et stimuler son engagement
Reconnaissant que le syndicalisme peut paraître complexe pour certains jeunes, Anastasie Chodaton a assuré les participants d’un accompagnement tout au long de l’atelier. « Soyez rassurés, nous allons vous conduire vers de bons ports afin que vous soyez mieux outillés à défendre vos droits. » Elle a également rappelé les fonctions éducatives et sociales du syndicat et invité les jeunes à s’impliquer pleinement : « Je vous demande de vous lâcher, d’être curieux et de poser toutes les questions possibles (…) afin d’avoir les réponses adaptées. »

Prenant la parole au nom du Secrétaire général de la CSA-Bénin, Willy Choupa a souhaité la bienvenue aux participants et salué leur mobilisation, tout en encourageant un engagement actif et constructif durant les quatre jours de l’atelier. Les discussions ont mis en lumière l’absence d’un cadre formel pour les jeunes au sein de StreetNet International. L’atelier offre l’opportunité de poser les bases d’un comité de jeunes, afin de structurer leur participation et de stimuler leur intérêt pour l’action syndicale au sein des organisations affiliées.
Victorin Fassinou


